In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 8 octobre 2017

S. Neshat - Women of Allah (1995)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe et vidéaste iranienne Shirin Neshat (b.1957), déjà présentée ici en juillet 2015.
Née dans une famille aisée et moderniste sous le règne du Shah, elle a vingt-deux ans lorsque éclate la révolution iranienne. Elle quitte alors l'Iran pour les États-Unis, où elle étudie au Dominican College, puis à l'Université de Californie à Berkeley. Elle s'installe ensuite à New York et travaille pendant une dizaine d'années au sein de l'association Storefront for Art and Architecture.

Shirin Neshat - Rapture (1999)

Pendant toutes ces années, elle ne crée presque rien. « Those ten years, I made practically no art, and the art I did make I was dissatisfied with and eventually destroyed. »
En 1990, peu après la mort de Khomeiny, elle retourne en Iran. Elle y découvre un pays qu’elle ne reconnaît plus. C’est de ce décalage entre la mémoire et la réalité – « probably one of the most shocking experiences that I have ever had » – que naît, en 1993, sa première grande série, Women of Allah.
 © Veilleur de Nuit – 2017

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samedi 7 octobre 2017

Le papyrus de Rhind (British Museum)
Une image et des mots. La fragilité du papyrus explique qu’il ne nous soit parvenu que peu de traces des connaissances mathématiques de la civilisation égyptienne, pourtant étendue sur près de quatre millénaires. Le Papyrus de Rhind (vers 1650 av. J.-C.), du nom de l’avocat et égyptologue écossais Alexander Rhind qui l’acquit à Louxor en 1858, constitue ainsi une source précieuse sur le niveau de savoir atteint en matière de calcul.
Ce rouleau d’environ six mètres de long sur trente centimètres de large, écrit en hiératique et conservé aujourd’hui au British Museum, contient 84 problèmes résolus d’arithmétique, de géométrie et d’arpentage. Il s’ouvre sur une formule ambitieuse le présentant comme « une étude approfondie de toutes les choses, un aperçu de tout ce qui existe, la connaissance de tous les secrets opaques ». Pour en savoir plus, c'est ICI.
Pour accompagner cette image, voici une fable de Bertolt Brecht extraite des Histoires de Monsieur Keuner :

Trois jeunes gens arrivèrent chez un vieil arabe et lui dirent : "Notre père est mort. Il nous a laissé dix-sept chameaux et dans son testament a stipulé que l'aîné en recevrait la moitié, le cadet un tiers et le plus jeune un neuvième. À présent nous ne pouvons pas nous entendre sur le partage, à toi de prendre la décision!". L'Arabe réfléchit et dit: "À ce que je vois, pour pouvoir bien partager, il vous manque un chameau. Je n'ai moi-même qu'un seul et unique chameau, mais il est à votre disposition. Prenez-le et faites le partage, et ne me ramenez que ce qui restera".
Ils le remercièrent pour ce service d'ami, emmenèrent le chameau et partagèrent les dix-huit chameaux de sorte que l'aîné en reçut la moitié, ce qui fit neuf, le cadet un tiers, ce qui fit six, et le plus jeune un neuvième, ce qui fit deux. À leur étonnement, lorsqu'ils eurent mis de côté leurs chameaux il en restait un. Ils le ramenèrent, en renouvelant leurs remerciements, à leur vieil ami.
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dimanche 1 octobre 2017

Ralph Goings - Donuts (1995)

La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain Ralph Goings (1928-2016), associé au courant de l'hyperréalisme - ou photoréalisme - américain. Son intérêt pour la peinture naît dès le lycée, lorsqu’il découvre Rembrandt à la bibliothèque municipale de Corning, petite ville de Californie où il grandit pendant la Grande Dépression

R.G. - Lunch counter (1979)
Après son service militaire, il étudie au Hartnell College de Salinas, puis au California College of Arts & Crafts d’Oakland, où il rencontre Robert Bechtle, avec qui il partagera une même orientation artistique.
Dans les années 1960, il choisit de s’éloigner de l’abstraction alors dominante. « In 1963, I wanted to start painting again but I decided I wasn't going to do abstract pictures. It occured to me that I should go as far to the opposite as I could...»
Le résultat..., des peintures minutieuses, réalisées à partir de photographies et consacrées aux scènes les plus banales du quotidien américain : diners, camionnettes pick-up, fast-foods, intérieurs ordinaires baignés de lumière artificielle.
Richard Estes, Chuck Close, Robert Bechtle... Toute une génération de peintres explore alors cette représentation extrêmement fidèle du réel. On peut y voir une réflexion sur la standardisation de la vie moderne, mais aussi – peut-être – un hommage discret à la beauté prosaïque de l’Amérique ordinaire.
 © Veilleur de Nuit – 2017

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