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dimanche 5 mars 2023

O. Shachko - La Trinité voilée

La veillée du dimanche. À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, deux œuvres de l’artiste ukrainienne Oksana Shachko (1987-2018), cofondatrice du mouvement Femen et peintre profondément marquée par l’art de l’icône orthodoxe. Dès l’âge de huit ans, Oksana Shachko entre à l’école Nikosh, en Ukraine, où elle apprend la peinture d’icônes, une discipline alors normalement réservée aux adultes. Enfant très pieuse, elle rêve un temps de devenir religieuse. Elle prendra ensuite ses distances avec l’Église et la religion, mais restera profondément attachée à cet art qu’elle connaît intimement.
« Je voulais entrer au couvent, car j’adorais les icônes orthodoxes que je copiais passionnément.
Mais en découvrant cette discipline, j’ai réalisé que c’était devenu un grand business, et que les prêtres étaient parfois plus des marchands que des hommes de Dieu. J’ai continué l’école d’iconographie, mais j’ai abandonné l’idée d’être nonne. »
O.S. - La Pêche miraculeuse

En 2008, elle participe à la création de Femen avec Anna Hutsol et Oleksandra Shevchenko. Elle y joue notamment un rôle artistique, participant à l’élaboration de l’univers visuel du mouvement.
En 2013, elle quitte Femen et s’installe à Paris, où elle se consacre progressivement à la peinture. Elle intègre les Beaux-Arts de Paris en 2017.
Son œuvre reste profondément ancrée dans l’art de l’icône russe et byzantine, dont elle reprend les techniques et les codes traditionnels – composition, figures sacrées, fonds dorés –, mais elle les détourne pour interroger le monde contemporain, la religion, le pouvoir, la place des femmes et les normes qui leur sont imposées. Cette démarche apparaît notamment dans les deux tableaux que j'ai choisis ici :  La Trinité voilée, et sa réinterprétation de La Pêche miraculeuse, où elle dénonce le sort tragique des migrants en Méditerranée.
Oksana Shachko s'est donnée la mort le 23 juillet 2018 dans son studio de Montrouge.
 © Veilleur de Nuit – 2023

samedi 5 mars 2022

Anonyme - Inna Shevshenko, Paris
Une image et des mots.
« La femme est un démon pour les religieux ». À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes – et deux semaines après le début de l’agression russe contre l’Ukraine –, j’ai choisi de rappeler cette phrase de l’activiste ukrainienne Inna Chevtchenko.
La voici en 2013 dans un quartier de Paris. Quelques mois auparavant, elle avait fait l’objet d’une vive polémique après avoir écrit sur Twitter, en soutien à la militante tunisienne des Femen Amina : 
Qu’est-ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ?
Qu’est-ce qui peut être plus laid que cette religion ?

Que l'on partage ou pas ses positions, que l'on approuve ou pas ses méthodes, son parcours témoigne des risques et des violences auxquels son courageux engagement l’a exposée : en 2011 notamment, après une action des Femen contre le régime de Loukachenko en Biélorussie, elle aurait été enlevée avec deux autres militantes, puis torturée par des agents du KGB biélorusse.
On ne sait rien de l'admirable activité des femmes, et même les féministes ignorent les trois-quarts de ce qu'ont fait, dans tous les ordres de préoccupations humaines, leurs aïeules, leurs mères, ... ou leurs contemporaines.
Marguerite Durand (1932), fondatrice en 1897 du journal La Fronde.

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