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| E. Vadas - Enfant (1949) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe hongrois Ernó Vadas (1899-1962), l’un des photographes les plus importants de la Hongrie de l’entre-deux-guerres.
Né à Nagykanizsa, il travaille d’abord comme employé de banque et ne pratique la photographie qu’en amateur.
En 1927, il commence à se former auprès de Rudolf Balogh.
En 1931, sa photographie Libák (Oies) reçoit en Suisse le premier prix d’un concours organisé par la revue Camera, doté de mille francs-or.
Ses images paraissent bientôt dans National Geographic, Vanity Fair, Harper’s Bazaar ou encore Illustrated London News. En 1938, il figure au cinquième rang, parmi 13 424 photographes, de l’American Annual Photography.
Ses photographies de l’époque, souvent consacrées à la nature et à la vie rurale, sont très composées ; elles jouent avec la lumière, les contre-jours et le mouvement, avec une sensibilité marquée par le pictorialisme. Moisson, prise en 1937, appartient pleinement à cette période.
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| E.V. - Moisson (1937) |
Puis vient la guerre. Vadas est astreint au travail forcé et déporté à Mauthausen. Il en revient en 1945.
Après la guerre, ses sujets s’élargissent et son travail prend une tonalité plus réaliste. Il devient photoreporter pour l’agence de presse hongroise, dirige la revue Fotó et participe à la création de l’Association des photographes hongrois, dont il sera président jusqu’à sa mort. Il joue également un rôle important dans la formation de jeunes photographes.
Douze ans après Moisson, il photographie un enfant qui descend un escalier de pierre avec son seau. Rien d’autre que le geste, sans doute quotidien, d’un enfant qui aide à la ferme.
La guerre est passée entre ces deux photographies, avec pour Vadas les souffrances de la déportation. Le monde, lui, a changé. Mais dans son objectif, quelque chose demeure : des femmes et des hommes au travail dans les champs, puis un enfant au travail lui aussi, à la mesure de ce qu’il est. Les gestes sans cesse répétés des gens qui vivent.
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