In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 4 août 2013

Paul Delvaux - Solitude (1955)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du belge Paul Delvaux (1897-1994), formé à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Après des débuts marqués par le postimpressionnisme, puis une brève période influencée par James Ensor, son compatriote expressionniste, c'est - comme pour Magritte -, la découverte de Giorgio de Chirico avec Mélancolie et mystère d'une rue qui oriente Paul Delvaux vers le surréalisme.

P. D. - Paysage aux lanternes
(1958)
Mais plutôt que de surréalisme, c’est de « réalisme magique » – comme chez Carel Willink (voir octobre 2010) – qu’on parle à propos de son œuvre, dont l’atmosphère est immédiatement reconnaissable. « Je voudrais peindre un tableau fabuleux dans lequel je pourrais vivre. »
Des femmes hiératiques, parfois nues, les yeux ouverts mais comme absents. Des gares, des villes, des places traversées de colonnes et de statues. Un monde très construit, mais presque déserté... « Je voulais peindre la poésie du silence. »
Chez Delvaux, tout semble figé, suspendu : quelque chose va, ou vient de se produire... « Je n’ai jamais voulu raconter quoi que ce soit. Je montre des choses. C’est tout. »
Il meurt à 97 ans, en 1994, en laissant derrière lui une œuvre immédiatement identifiable, entre la rigueur et le rêve.

dimanche 3 octobre 2010

A.C. Willink - Vue sur une baie (1935)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre néerlandais Albert Carel Willink (1900–1983), figure singulière de l’art moderne. Formé à Berlin, influencé d’abord par l’expressionnisme et le cubisme, il expérimente aussi l’abstraction sous l’influence de Kandinsky avant de revenir progressivement à la figuration. Son séjour à Paris en 1926 le rapproche du néoclassicisme et il peint alors des sujets classiques en conservant des éléments issus du cubisme. 

A.C. Willink
Paysage avec statue renversée (1942)
Finalement, dans les années 30, Willink abandonne les expérimentations modernistes et trouve peu à peu sa voie dans une peinture hyperréaliste où l’architecture néoclassique, les silhouettes énigmatiques et les ciels d’orage composent un monde étrange et rigoureusement ordonné.
Ses scènes, parfaitement construites, semblent comme en suspension juste avant ou après un événement non représenté. On évoque à son propos l’écho lointain de Piero della Francesca et l’influence de Giorgio de Chirico.
Willink ne peignait pas des récits, mais plutôt des constructions d' un monde au bord du basculement.

NS2 ICI