In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 7 juin 2026

F. Porter - Interior with roses (1955)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Fairfield Porter (1907-1975), figure discrète mais essentielle de la peinture figurative du XXᵉ siècle. Né dans une famille d’artistes et d’écrivains, il étudie à Harvard puis à l’Art Students League de New York, avant de s’installer entre Southampton et l’île de Great Spruce Head, dans le Maine. Porter forge peu à peu une vision très personnelle – à la croisée du réalisme et de l’abstraction gestuelle chère à l'école de New York. Influencé par Bonnard et Vuillard autant que par ses amis Willem et Elaine de Kooning, il reste volontairement figuratif dans une époque dominée par l’expressionnisme abstrait. Ses tableaux montrent ce qu’il connaît le mieux : sa maison, sa famille, ses amis, les paysages du littoral.
F.P. - Clothesline (1958)

Porter peint sans effet des scènes où la lumière adoucit tout – une table, une fenêtre ouverte, un coin de jardin. Rien n’est spectaculaire ; tout est apaisé, et paraît vu avec gratitude. Ce que j’aime dans sa peinture, c’est ce mélange d’attention et de détachement : il regarde le quotidien sans le charger de symboles, mais il en révèle la paisible beauté.
« Fais que tout soit plus beau », disait Renoir à Bonnard ; Porter semble avoir pris ce conseil à la lettre.
CB3

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samedi 6 juin 2026

Peter Turnley - New York (2013)
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazarus, extraits de son poème The New Colossus (1883).

"Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, the tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!"
PG9

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samedi 30 mai 2026

Jürgen Nefzger - Serris, Marne-la-Vallée (2000)
Une image et des mots. Un cliché de Jürgen Nefzger extrait de sa série Aux  portes du royaume, réalisée entre 1997 et 2000 sur les zones pavillonnaires autour de Eurodisney. Le poème pour aller avec est d'André Dhôtel.

La rue aux cent maisons pareilles
s'ouvrait sur la campagne
que déjà les trottoirs annonçaient
pâquerettes et véroniques.

Partout la paix impénétrable
à cause des maisons simples
et des herbes abandonnées
qui réclamaient leur part de ciel.

Faut-il se demander
comment l'amour venait
du plus lointain du monde
nous apporter le rêve d'un temps
qui oubliait d'être le temps
pour rayonner dans l'espace
et rassembler les étincelles
de tout âge précipitées
en son infini diamant.
NS2

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dimanche 24 mai 2026

A.K. - Coping with modernism
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Alan Kingsbury (b.1960). Il commence à peindre à l’huile dès l’âge de neuf ans, puis étudie la psychologie et l’histoire de l’art à l’université de Cardiff, avant de se spécialiser dans les maîtres anciens et la peinture européenne moderne. En 1983, un stage à la collection Peggy Guggenheim à Venise lui permet un contact quotidien avec les œuvres et l’architecture de la ville.
Il travaille ensuite chez Bonhams Fine Art comme catalogueur, avant de s’installer successivement en Italie, en Écosse puis en Cornouailles, où il développe une pratique centrée sur des motifs simples : paysages, intérieurs, objets et scènes du quotidien.

A.K.- John O' Groats
Ce qui m’a attiré chez ce peintre, c’est le sentiment d’étrangeté qui émane de ses compositions. Les personnages sont en mouvement, mais tout semble immobile autour d’eux – et peut-être en eux aussi.
À bicyclette ou à moto, ils traversent l’espace sans vraiment y appartenir. Leurs visages inexpressifs renforcent cette impression de présence détachée, comme si la scène se déroulait légèrement en dehors de la réalité.

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