In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 25 octobre 2009

Ansel Adams - Moonrise, Hernandez, New Mexico (1941)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Ansel Adams (1902-1984), souvent associé à une photographie de paysage d’une grande rigueur technique et d’une forte dimension écologique. La petite histoire qui entoure la réalisation de Moonrise, Hernandez, New Mexico, sans doute sa photographie la plus célèbre, dit beaucoup de sa maîtrise de la lumière. Avec Fred Archer, Adams met au point le Zone System, une méthode permettant de contrôler avec précision les valeurs de gris, du noir le plus profond au blanc le plus lumineux.

A.A - The Tetons and the Snake River
(1942)
Grâce à cette approche, il réalise des images d’une grande netteté, où chaque détail du paysage semble précisément accordé à la lumière. Des œuvres comme Moonrise, Hernandez (ci-dessus), New Mexico ou Clearing Winter Storm, Yosemite National Park illustrent cette recherche et comptent parmi les images majeures de la photographie de paysage.
Le second cliché, pris dans le parc national de Yosemite, prolonge cette même exigence : celle d’une vision du paysage où la beauté naturelle est à la fois observée, construite et défendue.
Ansel Adams fonde avec Edward Weston et Imogen Cunningham le Groupe f/64, promoteur d'une photo dite "pure" (straight photography), attachée à la netteté et à la précision du réel.
RW1

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dimanche 18 octobre 2009

M.Utrillo - Passage Cottin, Montmartre (1922)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre montmartrois Maurice Utrillo (1883-1955), fils de la belle et sulfureuse Suzanne Valadon, et représentant emblématique de l'école de Paris.
Sa vie chaotique, marquée notamment par l’alcoolisme, trouve dans la peinture une forme de stabilité et d’exutoire.
Sa fameuse "période blanche", autour de 1910–1914, donne à voir une ville presque minérale, recouverte d’un blanc de chaux parfois mêlé à du plâtre, une technique qui accentue la sensation d’usure et de silence. Il peint Montmartre comme un quartier à la fois familier et irréel, sans anecdote ni agitation.

M.U - La maison de Mimi Pinson
Montmartre
(1912)

Plus tard, sa palette s’enrichit de couleurs sourdes – verts assourdis, gris, rouges fanés – sans que sa manière change profondément : une même économie de moyens, une même mélancolie retenue traversent l’ensemble de son œuvre, comme dans les deux tableaux présentés ici. Bohème et buveur, il solde ses ardoises avec ses toiles inspirées de la Butte.
"Et alors ! ironise René Fallet.. Tous les grands peintres, ça picolait. Tous des poivres. Van Gogh, Utrillo… La peinture à l’eau, c’était pas leur fort."
WK1

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samedi 17 octobre 2009

(A/U)
Une image et des mots. L'image, ou comment remettre les idées en place au 19e siècle (j'ignore l'origine et le contexte de cette photo).
Les mots sont un extrait de l'introduction au Guide de l’exposition universelle de 1869, rédigée par Victor Hugo depuis son exil à Guernesey.

"Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire. Cette nation sera grande, ce qui ne l’empêchera pas d’être libre.
Elle sera illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de l’humanité. Elle aura la gravité douce d’une aînée. [.....] Elle considérera le gaspillage du sang humain comme inutile.
Elle aura la suprême justice de la bonté. Elle sera pudique et indignée devant les barbaries. [.....]
Le continent fraternel, tel est l’avenir. Qu’on en prenne son parti, cet immense bonheur est inévitable
."
MH1
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dimanche 11 octobre 2009

A. H. Collings - The studio mirror
Le vide-grenier du dimanche. Du peintre et aquarelliste anglais Albert Henry Collings (1868-1947) j'ai choisi ces deux oeuvres dont le miroir constitue le discret trait d'union. Portraitiste réputé de la fin de l’époque victorienne et du règne édouardien, Collings reçut de nombreuses commandes de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie britanniques. Mais il ne réservait pas son attention aux seuls modèles prestigieux : ses portraits de jeunes filles ou de scènes plus modestes témoignent du même soin et de la même délicatesse.

    A.C. - A reflection (1919)
Son style, entre réalisme et idéalisme, doit beaucoup aux préraphaélites autant qu'à la tradition académique anglaise.
Étoffes, carnations, reflets, jeux de lumière : tout y est travaillé avec une minutie remarquable, sans que ses figures perdent pour autant une certaine douceur rêveuse. Parmi les nombreux portraits que j’ai pu voir de lui, le premier de ces tableaux reste mon préféré.
Mais je remarque qu'aucune de ces deux jeunes filles ne tient dans sa main une bougie.
C'était pourtant, dit-on et selon une tradition ancienne, ce que devaient faire les jeunes files célibataires sur les douze coups de minuit, pour découvrir dans le miroir tenu devant elles le visage de leur futur mari.

NS2 ICI