In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 28 février 2009

Anonyme - Sans titre

Une image et des mots.
J'ai grandi dans la mer et la pauvreté m'a été fastueuse, puis j'ai perdu la mer, tous les luxes m'ont alors paru gris, la misère intolérable.
Depuis, j'attends. J'attends les navires du retour, la maison des eaux, le jour limpide. Je patiente, je suis poli de toutes mes forces. On me voit passer dans de belles rues savantes, j'admire les paysages, j'applaudis comme tout le monde, je donne la main, ce n'est pas moi qui parle. On me loue, je rêve un peu. On m'offense, je m'étonne à peine. [....] Que faire si je n'ai de mémoire que pour une seule image ?
Albert Camus, L'été (1950).

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dimanche 22 février 2009

C. N. Gysbrechts - Porte-lettres au sablier
(1664)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du flamand Cornelis Norbertus Gysbrechts (c.1630-c.1675), maître de la nature morte et du trompe-l'oeil. Les informations sur sa vie sont rares et l'on ne sait pas précisément où ni quand il est né, pas plus d'ailleurs que la date exacte de sa disparition.
Les historiens pensent qu'il a pu être inspiré par des artistes tels que David Bailly, Harmen van Steenwyck ou encore Jan Davidsz de Heem, mais ses apprentissages, et ses premières années d'artiste, restent pareillement sujets à hypothèses. Sa période la plus prolifique correspond à son court séjour à la cour des rois danois Frédérick III puis Christian V de 1668 à 1672.
C.N.G. - Tableau retourné
c.1670)

De lui, on connait environ 70 oeuvres, essentiellement des trompe-l'oeil et des vanités, des natures mortes qui illustrent la fuite du temps et le caractère éphémère de toute chose. Elles nous invitent à nous interroger sur nos représentations du monde, comme avec ce tableau retourné où l'image semble avoir disparu de la toile et qui pourtant reste un tableau. Ainsi, comme j'ai pu le lire je ne sais plus où, comme en se jouant et en se jouant de nous, Cornelius Gysbrechts, trois siècles avant de stériles et d'arrogants discours, a renvoyé à leur néant certains artistes contemporains qui se piquent d'avant-garde.
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dimanche 15 février 2009

A. Pastor - Nazaré (1956)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe portugais Artur Pastor (1922-1999), un des grands noms de la photographie documentaire au Portugal au XXe siècle.
Né en Algarve, il commence à photographier dès les années 1940, en parallèle de ses études d’agronomie.
Très tôt, il met son objectif au service d’un Portugal rural, maritime et paysan, qu’il sillonne inlassablement au fil des décennies.
A.P. - Albufeira (1950s)

Dès les années 1940, il commence à photographier l’Alentejo, sa région natale, et se fait rapidement remarquer pour la force et la poésie évocatrice de ses images : les gestes quotidiens, les visages marqués, les paysages arides ou battus par le vent... Souvent en noir et blanc et remarquables pour leur qualité artistique, ses photographies saisissent avec beaucoup de sensibilité l'essence de la culture portugaise et offrent un aperçu précieux de la vie quotidienne dans une période importante de transition sociale et économique.

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dimanche 8 février 2009

Zao Wou-Ki - Lecture III (1950)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et graveur franco-chinois Zao Wou-Ki (b.1920), dont l’œuvre d'une intense poésie, à la croisée des cultures orientale et occidentale, s’impose comme une référence majeure de l’abstraction lyrique. Né à Pékin, il étudie la peinture traditionnelle chinoise avant d’intégrer l’Académie des Beaux-Arts de Hangzhou, où il se familiarise avec les courants artistiques occidentaux. En 1948, il s’installe à Paris et découvre l’œuvre de Paul Klee, qui l’inspire à délaisser progressivement la figuration au profit d’un langage pictural plus libre et expressif. Très vite, son art évolue vers une abstraction où la couleur et le geste prennent toute leur importance.
Zao Wou-Ki - Hortensia (1953)

Influencé par les peintres européens comme Pierre Soulages et les artistes américains de l’expressionnisme abstrait, Zao Wou-Ki développe sa "musique silencieuse" ...
Peindre, peindre, toujours peindre, encore peindre. Le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle.
Les gens croient que la peinture et l'écriture consistent à reproduire les formes et la ressemblance. Non, le pinceau sert à sortir les formes du chaos.

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