In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 6 juin 2026

Peter Turnley - New York (2013)
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazarus, extraits de son poème The New Colossus (1883).

"Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, the tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!"
PG9

ICI

samedi 30 mai 2026

Jürgen Nefzger - Serris, Marne-la-Vallée (2000)
Une image et des mots. Un cliché de Jürgen Nefzger extrait de sa série Aux  portes du royaume, réalisée entre 1997 et 2000 sur les zones pavillonnaires autour de Eurodisney. Le poème pour aller avec est d'André Dhôtel.

La rue aux cent maisons pareilles
s'ouvrait sur la campagne
que déjà les trottoirs annonçaient
pâquerettes et véroniques.

Partout la paix impénétrable
à cause des maisons simples
et des herbes abandonnées
qui réclamaient leur part de ciel.

Faut-il se demander
comment l'amour venait
du plus lointain du monde
nous apporter le rêve d'un temps
qui oubliait d'être le temps
pour rayonner dans l'espace
et rassembler les étincelles
de tout âge précipitées
en son infini diamant.
NS2

ICI

dimanche 24 mai 2026

A.K. - Coping with modernism
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Alan Kingsbury (b.1960). Il commence à peindre à l’huile dès l’âge de neuf ans, puis étudie la psychologie et l’histoire de l’art à l’université de Cardiff, avant de se spécialiser dans les maîtres anciens et la peinture européenne moderne. En 1983, un stage à la collection Peggy Guggenheim à Venise lui permet un contact quotidien avec les œuvres et l’architecture de la ville.
Il travaille ensuite chez Bonhams Fine Art comme catalogueur, avant de s’installer successivement en Italie, en Écosse puis en Cornouailles, où il développe une pratique centrée sur des motifs simples : paysages, intérieurs, objets et scènes du quotidien.

A.K.- John O' Groats
Ce qui m’a attiré chez ce peintre, c’est le sentiment d’étrangeté qui émane de ses compositions. Les personnages sont en mouvement, mais tout semble immobile autour d’eux – et peut-être en eux aussi.
À bicyclette ou à moto, ils traversent l’espace sans vraiment y appartenir. Leurs visages inexpressifs renforcent cette impression de présence détachée, comme si la scène se déroulait légèrement en dehors de la réalité.
NR1

ICI

dimanche 17 mai 2026

E.C. - Riding the subway (1967)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe sud-africain Ernest Cole (1940–1990), l’un des grands témoins photographiques de l’apartheid et de l’exil.
Né à Eersterust près de Pretoria, il grandit dans une Afrique du Sud profondément marquée par la ségrégation raciale. Très tôt, il comprend que la photographie peut être une manière de rendre visible ce que le système cherche à dissimuler. Il apprend le métier à Johannesburg, notamment auprès de photographes du magazine Drum, qui jouent un rôle essentiel dans l’émergence d’une photographie noire sud-africaine engagée.

E.C. - The true America
En 1967, il publie House of Bondage, livre clandestin qui documente sans détour les réalités de l’apartheid : pass laws, travail forcé, humiliations quotidiennes, espaces strictement séparés selon les catégories raciales. L’ouvrage est immédiatement interdit en Afrique du Sud. Cole s’exile alors aux États-Unis, où il poursuit son travail, mais dans des conditions de plus en plus difficiles, marqué par l’errance et la précarité.
Ses images ne cherchent ni l'effet ni la dramatisation : Elles montrent la mécanique ordinaire d’un système d’oppression : la fatigue des corps, les gestes contraints, les espaces saturés de contrôle invisible.
Ernest Cole meurt en exil en 1990, quelques années avant la fin de l’apartheid. Redécouvertes et réévaluées bien plus tard, ses archives ont confirmé la place essentielle d’une œuvre qui ne se contente pas de dénoncer un régime : elle montre comment celui-ci s’inscrivait dans les gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne.

FM1 ICI