In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 17 mai 2026

E.C. - Riding the subway (1967)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe sud-africain Ernest Cole (1940–1990), l’une des figures majeures de la photographie de l’apartheid et de l’exil.
Né à Eersterust près de Pretoria, il grandit dans une Afrique du Sud profondément marquée par la ségrégation raciale. Très tôt, il comprend que la photographie peut devenir un moyen de témoignage et de dévoilement. Il apprend le métier à Johannesburg, notamment auprès de photographes du magazine Drum, qui jouent un rôle central dans l’émergence d’une photographie noire sud-africaine engagée.
E.C. - The true America

En 1967, il publie House of Bondage, livre clandestin qui documente sans détour les réalités de l’apartheid : pass laws, travail forcé, humiliations quotidiennes, espaces strictement séparés selon les catégories raciales. L’ouvrage est immédiatement interdit en Afrique du Sud. Cole s’exile alors aux États-Unis, où il poursuit son travail, mais dans des conditions de plus en plus difficiles, marqué par l’errance et la précarité.
Ses images ne cherchent pas l'effet ni la dramatisation : elles enregistrent la texture ordinaire d’un système d’oppression, la fatigue des corps, les gestes contraints, les espaces saturés de contrôle invisible.
Comme il le dira lui-même, la photographie n’est pas pour lui une mise en forme du réel, mais une nécessité de regard – une manière de rendre visible ce qui, autrement, resterait accepté comme normal.
Ernest Cole meurt en exil en 1990, peu avant la fin officielle du régime d’apartheid. Ses archives seront redécouvertes et réévaluées bien plus tard, confirmant la place essentielle de son œuvre dans l’histoire de la photographie documentaire.

dimanche 22 mars 2026

E.C. - Riding the subway (1967)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe sud-africain Ernest Cole (1940-1990).
Né dans un township près de Pretoria, Cole découvre très tôt la photographie et s’y consacre rapidement, en grande partie en autodidacte. Il travaille d’abord pour la presse noire sud-africaine, notamment Drum, dans un contexte où les images sont encore peu perçues comme une menace par le pouvoir. Au début des années 1960, il commence à documenter de manière systématique les effets de l’Apartheid sur la vie quotidienne.
Pour pouvoir circuler et photographier plus librement, il parvient à se faire reclasser comme « coloured », ce qui lui donne accès à des lieux interdits à la plupart des Noirs.
Il travaille souvent discrètement, sans flash, parfois à la volée. Les images qui en résultent sont directes, sans mise en scène apparente, prises au plus près des situations.
E.C. - The time is now

Son livre House of Bondage, publié en 1967 après son départ clandestin d’Afrique du Sud, rassemble ces photographies. L’ouvrage est immédiatement interdit dans son pays, mais largement diffusé à l’étranger.
Ce n’est pas un événement isolé qui compte, mais une succession de scènes ordinaires : transports, files d’attente, logements, contrôles. C’est leur accumulation qui donne du sens à l’ensemble. Et ce qui frappe, c’est moins la violence – pourtant évidente – que la précision avec laquelle elle s’inscrit dans des gestes quotidiens. Rien n’est appuyé, mais rien n’est atténué non plus.
Contraint à l’exil, Cole poursuit son travail aux États-Unis, où il découvre une autre réalité, qui ne correspond pas à ce qu’il avait pu espérer. Son parcours s’en trouve fragilisé, et son œuvre reste longtemps dispersée, avant qu’un ensemble important de négatifs ne soit retrouvé en Suède en 2017.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...