In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 2 novembre 2025

W.S. - I do not understand (2017)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Walter Swennen (1946-2025). Walter Swennen s’intéresse très tôt à la poésie, à la philosophie et aux expérimentations artistiques des années 1960, notamment le happening et les avant-gardes proches de la Beat Generation. Il participe alors à des actions collectives et publie des textes poétiques, avant de choisir, dans les années 1980, de se consacrer pleinement à la peinture.
Son œuvre mêle avec humour et une grande liberté mots, signes, fragments d’objets, références à la bande dessinée ou à l’histoire de l’art. Swennen joue constamment avec les frontières entre l’image et le langage, entre le sens et ce qui lui échappe.

W.S. - Bras d'honneur (2005)
Chez lui, le procédé plastique fait partie du sens ; la manière de peindre devient inséparable de ce que le tableau veut dire : « Le comment détermine le quoi », disait-il. Dans Bras d'honneur, il réduit le geste à sa plus simple expression : sans corps, sans visage, sans contexte, sans auteur, ce bras d’honneur devient le geste lui-même. Dans I don't understand – l’expression « je ne comprends pas » répétée dans plusieurs langues – les superpositions et les brouillages pourraient justement rendre le message incompréhensible. Le tableau nous fait presque éprouver ce qu’il dit. Mais nous comprenons.
Dans ces deux œuvres, il complique ou simplifie les moyens, mais le résultat est le même : le sens ne s’affaiblit pas, il semble au contraire s’en trouver renforcé. La forme ne se contente pas d’accompagner l’idée : elle en fait partie. J'aime beaucoup le travail de Walter Swennen.
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samedi 1 novembre 2025

Anon.
Une image et des mots. "Entre les forts et les faibles c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime", disait Lacordaire. Pour aller avec ce cliché dont je ne connais pas l'auteur, voici quelques lignes de Hugo, extraites des Misérables (1862) :

Tant qu'il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d'une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, ,dans certaines régions, l'asphyxie sociale sera possible ; en d'autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.
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dimanche 26 octobre 2025

M. D. - La Cuisinière (1893)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Maurice Denis (1870-1943). Peintre, graveur et théoricien, il fut l’un des acteurs majeurs du renouveau de la peinture française à la fin du XIXᵉ siècle. Né à Granville, il découvre sa vocation devant les oeuvres de Fra Angelico au Louvre :
la révélation d’un art où foi et beauté sont inséparables, une conviction qui guidera toute son œuvre. É100lève de l’École des beaux-arts et de l’Académie Julian, il fonde avec Vuillard, Roussel et Sérusier le groupe des Nabis, dont il devient le théoricien : « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille ou une femme nue, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »
Proche du symbolisme par son désir de dépasser la simple représentation du réel, il cherche, sous l’influence de Puvis de Chavannes et de Gauguin (« l’incontesté »), une peinture où une scène familière peut révéler une présence plus profonde, où le monde visible semble porter en lui autre chose que lui-même.

M.D. - La digue rouge à Loctudy
(1894)
Les figures féminines occupent une place centrale dans son œuvre et prennent souvent les traits de son épouse Marthe, musicienne, fervente chrétienne et modèle fidèle.
On la retrouve ici dans La Cuisinière. Peinte durant leur voyage de noces à Perros-Guirec, cette scène d'intérieur paraît d'abord d'une grande simplicité. Pourtant, derrière les gestes familiers de la vie domestique se révèle une autre lecture.
Au fond de la pièce, presque fondues dans la lumière de la fenêtre, apparaissent les silhouettes du Christ et de Marie de Béthanie. Marthe, absorbée par ses tâches ménagères, rejoint ainsi la Marthe de l'Évangile, mais Maurice Denis ne l'oppose pas à sa sœur : il donne à ce geste quotidien une dimension spirituelle, où la cuisine elle-même devient un lieu de grâce.
RC1

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samedi 25 octobre 2025

Anon.

Une image et des mots. Pour accompagner cette image anonyme, quelques vers de Roberto Juarroz, extraits de sa Treizième poésie verticale.

Aujourd'hui je n'ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n'existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leur corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l'équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose pèse
sur le plateau vide de la balance.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...