In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 15 juin 2025

G.C. - Reading by lamplight (1909)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre britannique George Clausen (1852-1944), déjà présenté en janvier 2010. Né à Londres d’un père décorateur d’origine danoise et d’une mère écossaise, il se forme au dessin à South Kensington avant de poursuivre ses études à Paris, notamment auprès de Bouguereau et de Tony Robert-Fleury à l’Académie Julian. Admirateur de Jules Bastien-Lepage, il développe une peinture attentive à la lumière et aux gestes simples de la vie quotidienne, influencée par les recherches de son époque sur la perception et la couleur.

G.C. - Day dreams (1883)
Clausen a beaucoup peint la campagne anglaise et ceux qui la travaillent. Pourtant, ses scènes de campagne sont loin d'être bucoliques : derrière les gestes ordinaires apparaissent souvent la fatigue, la solitude ou une forme de résignation, notamment dans les regards des enfants et des paysans qu'il représente. Mais il n'est jamais misérabiliste ; il observe avec attention des vies simples auxquelles il accorde, je crois, une véritable grandeur. Cette attention portée aux êtres et aux choses l’accompagnera toute sa vie.
Même lorsqu’il abordera le rôle du peintre en temps de guerre, avec des œuvres comme Gun Factory at Woolwich Arsenal (1919) ou la série de lithographies Making Guns for the Government, il conservera ce même souci d’observation et de vérité.
FD1

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dimanche 8 juin 2025

M.T. - Sasha Pivovarova (2006)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Michael Thompson, connu pour son travail dans la mode, la publicité et le portrait. Formé au Brooke Institute of Photography en Californie, il a notamment été l’assistant d’Irving Penn avant de collaborer avec les grands magazines internationaux comme Harper’s Bazaar, Vogue ou Vanity Fair.
M.T. - Joss Stone (2006)

Même si la photo de mode n’est pas vraiment mon genre de prédilection, voici deux portraits qui me plaisent beaucoup.
Derrière la beauté construite de l’image, derrière la pose et le travail du photographe, apparaît une personne, avec sa part de distance et de mystère.
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samedi 7 juin 2025

F. Bacon - Study of a figure in a landscape (1952)

Une image et des mots. L'image, c'est une étude de Francis Bacon, déjà présenté en décembre 2012, et les mots quelques vers d'un poème extrait de Tristia, d'Ossip Mandelstam.

L'air grisâtre est bruissant et moite ;
on se sent bien et à l'abri dans la forêt.
Docile je vais porter une fois encore
la croix légère des promenades solitaires.

Et de nouveau, vers l'indifférente patrie,
le reproche, comme l'oiseau, monte en spirale.
Je participe à la vie ténébreuse, je suis innocent de ma solitude.

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dimanche 1 juin 2025

Sebastião Salgado - Amazonas

La veillée du dimanche. Deux clichés de Sebastião Salgado (1944–2025), qui vient de nous quitter.
Trois publications lui avaient déjà été consacrées sur ce blog (en juin 2009, août 2013 et juillet 2016), mais je ne pouvais pas ne pas lui consacrer une nouvelle chronique.
Salgado, qui aimait à dire que « chaque image est le fruit d’une rencontre, d’un respect », est un photographe important pour moi. Pour la beauté de ses images, bien sûr. Pour l’humanité qui traverse son œuvre, aussi. Mais surtout parce qu’il a consacré une part essentielle de son travail à une région qui m’est chère : celle que je montre ici.
S.S. - Amazonas, palo de agua

D’abord formé à l’économie, à l’université de São Paulo puis à la Sorbonne, il se tourne vers la photographie au début des années 1970. Il commence comme photojournaliste chez Sygma, Gamma, puis Magnum, avant de développer de grands projets documentaires qui imposent une écriture immédiatement reconnaissable : noir et blanc profond, compositions rigoureuses, lumière presque sculpturale. Cette beauté même a parfois été critiquée, certains lui reprochant d’esthétiser des réalités difficiles. Salgado, lui, revendiquait une photographie engagée, tournée vers la dignité des êtres qu’il photographiait.
Avec Workers (1993), Exodes (2000), puis Genesis (2013), il a construit une œuvre devenue essentielle dans la photographie documentaire contemporaine. C’est d’ailleurs par ce dernier ouvrage que je me suis, tardivement, véritablement intéressé à son travail, grâce au magnifique livre qui m’avait été offert lors de sa publication.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...