In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 18 mai 2025

P. S. - A mulatto (1933)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Percy Shakespeare (1906-1943).
Né dans le quartier populaire de Kates Hill, à Dudley, dans les Midlands, quatrième d’une famille de huit enfants, Percy Shakespeare révèle très tôt un talent exceptionnel pour le dessin. Repéré par le directeur de la Dudley Art School, il y est admis sans frais, puis poursuit sa formation à la Birmingham School of Art, où il étudie notamment le dessin anatomique et la figure humaine.
P.S. - December on the Downs,
Wartime 
(1939)

Dans les années 1930, il consacre une série de tableaux à des représentations de groupes réunis dans des moments de loisir : promenades, conversations, scènes de détente ou simples instants de la vie quotidienne.
Ses compositions, soigneusement préparées par de nombreux dessins, associent une grande maîtrise du trait à une sorte d'élégance qui rappelle parfois l’Art déco et le néo-romantisme britannique : les silhouettes, les attitudes et les couleurs donnent à ses scènes un caractère légèrement idéalisé qui me fait penser à Eric Ravilious, un autre artiste que j'aime beaucoup et auquel il faudra que je consacre une chronique.
Sa carrière est brutalement interrompue par la guerre. Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, Percy Shakespeare est tué en mai 1943 lors d’un bombardement aérien, alors qu’il est stationné à Roedean School, près de Brighton. Il laisse derrière lui un ensemble important de peintures et de dessins consacrés à la vie quotidienne des années 1930, aujourd’hui majoritairement conservés au Dudley Museum and Art Gallery.
 © Veilleur de Nuit – 2025

FM1
ICI 

dimanche 11 mai 2025

B. Enwonwu - Anyanwu (1954)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste nigérian Ben Enwonwu (1917-1994), l’un des pionniers de l’art moderne africain. Formé au Nigeria auprès de son père, sculpteur igbo, puis à Londres à la Slade School of Fine Art, il fut l’un des premiers artistes africains à connaître une reconnaissance internationale sans se laisser enfermer dans le rôle d’un artiste « traditionnel » destiné au regard occidental.
B. Enwonwu - Atlas

Ben Enwonwu ne renie ni ses racines ni ses ambitions ; il emprunte aux deux mondes qui l’ont formé pour inventer un langage qui lui est propre.
De retour au Nigeria dans les années 1950, il réalise en 1954 Anyanwu (« L’Éveil »), une sculpture devenue emblématique, installée aujourd’hui devant le Musée national de Lagos. Cette figure féminine aux bras légèrement ouverts symbolise pour lui la force vitale, la maternité et l’éveil d’une nation en construction.
« Mon but était de symboliser notre nation montante. J’ai essayé de combiner les matériaux, l’artisanat et la tradition, pour exprimer une conception basée sur la féminité – la femme, la mère et nourricière de l’homme. Dans notre nation montante, je vois les forces incarnées dans la féminité.»
Sa manière est immédiatement reconnaissable : silhouettes allongées, goût du mouvement, formes inspirées des danses rituelles et des mascarades africaines. Chez Anyanwu, cette élongation n’est pas seulement un choix esthétique : la forme tendue vers le haut traduit une aspiration, celle d’un peuple qui cherche à exprimer sa propre identité.
 © Veilleur de Nuit – 2025
PC2

ICI

dimanche 4 mai 2025

J. Béraud - Un Figaro de rêve
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre français Jean Béraud (1849-1935), célèbre pour ses scènes de la vie parisienne sous la Belle Époque. Né à Saint-Pétersbourg, il s'installe à Paris après la mort de son père et étudie à l'École des Beaux-Arts sous la direction de Léon Bonnat.
À la croisée du réalisme et de l'impressionnisme, il devient l’un des peintres qui ont le mieux représenté la vie parisienne de la fin du XIXᵉ siècle. Ses rues animées, ses cafés, ses théâtres, ses élégantes silhouettes mondaines : ses tableaux fourmillent de détails, de regards échangés et de petites scènes qui donnent l’impression d’un moment saisi au passage. En les regardant, on peut penser parfois à la photographie de rue, tant certaines scènes semblent prises sur le vif.
J.B. - Au café, dit L'absinthe (1909)

En ce sens, Béraud peint parfois comme un photographe de rue avant l’heure : il ne cherche pas seulement à représenter Paris, mais à en saisir le mouvement et les attitudes.
J’ai pu lire ici ou là que son travail était rapproché de celui de Degas ou du flamboyant Giovanni Boldini. Comme eux, il observe son époque avec précision, mais son regard lui est propre : attentif aux rencontres, aux attitudes, aux petits échanges qui composent la vie urbaine... Modiste sur le Pont des Arts, Kiosque parisien, deux autres tableaux que j'aurais pu choisir pour cette chronique, ou encore sa série sur les bistrots, montrent bien l'attention amusée qu'il porte au petit théâtre de la vie parisienne, des élégantes aux gens du peuple.
 © Veilleur de Nuit – 2025
EC1

ICI

Anna Park - Untitled Une image et des mots. Une œuvre de l'artiste américaine d'origine sud-coréenne Anna Park. Et pour aller avec, ...