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| B. Enwonwu - Anyanwu (1954) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste nigérian Ben Enwonwu (1917-1994), l’un des pionniers de l’art moderne africain. Formé au Nigeria auprès de son père, sculpteur igbo, puis à Londres à la Slade School of Fine Art, il fut l’un des premiers artistes africains à connaître une reconnaissance internationale sans se laisser enfermer dans le rôle d’un artiste « traditionnel » destiné au regard occidental.
Ben Enwonwu ne renie ni ses racines ni ses ambitions ; il emprunte aux deux mondes qui l’ont formé pour inventer un langage qui lui est propre.
De retour au Nigeria dans les années 1950, il réalise en 1954 Anyanwu (« L’Éveil »), une sculpture devenue emblématique, installée aujourd’hui devant le Musée national de Lagos. Cette figure féminine aux bras légèrement ouverts symbolise pour lui la force vitale, la maternité et l’éveil d’une nation en construction.
« Mon but était de symboliser notre nation montante. J’ai essayé de combiner les matériaux, l’artisanat et la tradition, pour exprimer une conception basée sur la féminité – la femme, la mère et nourricière de l’homme. Dans notre nation montante, je vois les forces incarnées dans la féminité.»
Sa manière est immédiatement reconnaissable : silhouettes allongées, goût du mouvement, formes inspirées des danses rituelles et des mascarades africaines. Chez Anyanwu, cette élongation n’est pas seulement un choix esthétique : la forme tendue vers le haut traduit une aspiration, celle d’un peuple qui cherche à exprimer sa propre identité.
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