| WO2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 27 avril 2025
samedi 26 avril 2025
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| Ute de Naumbourg |
Une image et des mots. À la question « Pourquoi l’homme est-il fasciné par la beauté ? », Aristote aurait répondu :
« C’est la question d’un aveugle ! ».
Voici un détail d’un chef-d’œuvre du gothique allemand, que l'on peut admirer dans la cathédrale de Naumbourg : la statue de Uta von Ballenstedt, margravine de Misnie, un État médiéval du Saint-Empire romain germanique. Elle aurait inspiré, chez Disney, le dessin de la marâtre de Blanche-Neige.
Pour l’accompagner, j’ai choisi un sonnet de Baudelaire, extrait des Fleurs du Mal (1857)Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
dimanche 20 avril 2025
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| W. Plewinski - Suzy, London (1968) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du photographe polonais Wojciech Plewinski (b.1928), l’un des grands témoins de la vie polonaise de l’après-guerre.
Formé à Cracovie, il s’intéresse d’abord à l’architecture avant de se tourner vers la photographie dans les années 1950. Pendant plus de quarante ans, il collabore avec Przekrój, l’un des principaux magazines culturels polonais, pour lequel il réalise des milliers de portraits d’artistes, d’écrivains, mais aussi d’anonymes rencontrés au fil des jours.Mais Plewiński ne se limite pas au portrait : il photographie également la scène théâtrale de Cracovie, les rues, les campagnes, les transformations d’un pays et surtout les petits moments où une attitude, un regard ou une situation semblent révéler davantage qu’un simple instant.
Ce qui me plaît chez lui, c’est cette attention aux êtres : il ne cherche pas seulement à montrer quelqu’un, mais à laisser apparaître quelque chose de sa présence au monde. Par son regard, sa maîtrise de la lumière et sa curiosité bienveillante, il s’inscrit dans cette tradition humaniste de la photographie où – pour paraphraser Martine Franck – la rencontre avec l’autre est au cœur de l’image.
Ce qui me plaît chez lui, c’est cette attention aux êtres : il ne cherche pas seulement à montrer quelqu’un, mais à laisser apparaître quelque chose de sa présence au monde. Par son regard, sa maîtrise de la lumière et sa curiosité bienveillante, il s’inscrit dans cette tradition humaniste de la photographie où – pour paraphraser Martine Franck – la rencontre avec l’autre est au cœur de l’image.
vendredi 18 avril 2025
dimanche 13 avril 2025
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| C.F. - Femme à la fenêtre (1822) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'allemand Caspar David Friedrich (1774-1840). il grandit dans un environnement marqué par la rigueur de la foi luthérienne et par plusieurs deuils familiaux qui marqueront profondément son rapport au monde. La solitude, le silence et la quête spirituelle deviendront ainsi des thèmes essentiels de son œuvre. Formé à l’Académie de Copenhague, il s’impose dès le début du XIXᵉ siècle comme l’un des principaux représentants du romantisme allemand. Avec lui, il ne s’agit plus seulement de représenter la nature de manière fidèle, mais d’en faire le miroir d’un état d’âme : « Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu'il voit en face de lui, mais aussi ce qu'il voit en lui. »
« Cet homme a découvert le tragique du paysage », disait de lui le sculpteur David d’Angers.
Les paysages de Friedrich – étendues enneigées, montagnes brumeuses, ruines gothiques ou silhouettes solitaires face à la mer – ne sont pas de simples décors. Ils sont une confrontation entre l’homme, souvent représenté de dos (la célèbre Rückenfigur), et l’infini.
Peu soucieux des modes, Friedrich reste longtemps à l’écart des courants dominants.
Son style, jugé trop austère, tombe progressivement dans l’oubli après sa mort en 1840. Il faudra attendre la fin du XIXᵉ siècle puis le XXᵉ pour qu’il soit redécouvert par les symbolistes, les expressionnistes et, plus tard, les surréalistes.
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