In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 7 mai 2023

T.S. - Route de campagne, Lindau
(1957)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe allemand Toni Schneiders (1920-2006).
Après une formation au Studio Menzel, à Coblence, achevée en 1938, il travaille pendant la guerre comme correspondant photographique en France et en Italie.
Après 1945, il revient à la photographie de paysage et au reportage, avant de s’installer au bord du lac de Constance où il poursuit son activité de photographe indépendant aux côtés de son épouse.
T.S. - Tôt le matin, Lindau (1949)

En 1949, il fonde avec cinq autres jeunes photographes allemands, dont Otto Steinert que je présenterai bientôt, le groupe avant-gardiste Fotoform.
Dans une Allemagne d’après-guerre où domine encore une photographie essentiellement documentaire, le collectif cherche à renouer avec l’esprit d’expérimentation des années 1920 et 1930, notamment celui du Bauhaus et de la Nouvelle Vision. Les photographes de Fotoform s’intéressent à ce qui fait la singularité de la photographie : la force des lignes, des contrastes, des textures et des cadrages.
Ces deux photographies en donnent de beaux exemples : dans les deux cas, Schneiders fait d’un paysage une composition où les lignes, la lumière et les contrastes prennent autant d’importance que ce qui est représenté.
 © Veilleur de Nuit – 2023
DG3

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samedi 6 mai 2023

Neil McBride - Alone in a crowd
Une image et des mots. Le solitaire sera éclaboussé par tous, écrivait Henri Michaux.
Les tableaux de l'anglais Neil McBride, et celui-ci en particulier, me font penser à des éclaboussures.
Pour aller avec, j'ai choisi ces quelques lignes de Jean-Jacques Rousseau, extraites de ses Rêveries du promeneur solitaire (1782).

Me voici donc seul sur la Terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même.
Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux.
BD8

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dimanche 30 avril 2023

Evelyn Hofer - Dublin (1966)

La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe germano-américaine Evelyn Hofer (1922-2009).
Née à Marburg, en Allemagne, elle connaît très jeune l’exil : sa famille fuit le nazisme en 1933 et s’installe successivement en Suisse, en Espagne puis au Mexique. C’est en Suisse qu’Evelyn se forme à la photographie, avant de commencer à travailler professionnellement au Mexique.
En 1946, elle rejoint New York, collabore avec Alexey Brodovitch de Harper’s Bazaar et fréquente des artistes comme Richard Lindner ou Saul Steinberg.

E.H. - Arteries, NY (1964)
Elle réalise alors des portraits et des paysages urbains avec une chambre photographique grand format 4 × 5 pouces, accompagnée d’un lourd trépied. Une technique qui impose la lenteur et la précision – sans doute adaptée à des images comme Arteries, où les routes et les gratte-ciel s’organisent dans le cadre – mais qui pourrait l’être moins pour des scènes prises sur le vif.
Pourtant, ses photographies donnent souvent l’impression d’une rencontre presque fortuite.
Ainsi, la petite fille à bicyclette, photographiée à Dublin en 1966, semble s’être arrêtée un instant pour regarder la photographe. Hofer expliquait qu’elle n’aimait pas « espionner » les gens :
elle voulait qu’ils sachent qu’elle les photographiait et qu’ils acceptent de collaborer avec elle. Une conception du portrait qui éclaire peut-être aussi son choix d’un matériel aussi lourd et d’une photographie aussi patiente.
Evelyn Hofer réalise également plusieurs livres associant ses photographies aux textes d’écrivains, notamment Dublin: A Portrait avec V. S. Pritchett ou The Stones of Florence avec Mary McCarthy. Hilton Kramer, critique d’art du New York Times et grand défenseur de son travail, la surnommera « the most famous unknown photographer in America ».
 © Veilleur de Nuit – 2023

RF2

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dimanche 23 avril 2023

William Sanderson - Untitled
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain d’origine lettone William Sanderson (1905-1990). Né à Dubbeln, près de Riga, il connaît très jeune les bouleversements qui traversent l’Europe : sa famille quitte la Russie en 1921 et arrive aux États-Unis en 1923. Il étudie à la National Academy of Design de New York et commence sa carrière comme illustrateur pour des magazines comme The New Yorker et New Masses.
Pour Sanderson, l’artiste ne pouvait être séparé de l’homme : « I believe the artist is first of all a human being with the ability to see and depict the hope, aspirations and the despair of other human beings. »

W.S. - Ten bare trees
Cette conviction est particulièrement visible dans des tableaux comme Noon Hour, Whites Only ou Brief Encounter, où il dénonce préjugés ethniques et raciaux.  D’autres œuvres, comme Beginning of the End, s’attachent à l’aliénation et aux tensions de la vie urbaine. Plus tard, avec Tierra y Libertad ou La Pulquería, inspirés notamment par Diego Rivera, il s’intéresse aux questions d’identité et aux revendications des jeunes Chicanos.
Son parcours est pourtant loin de se limiter à la peinture sociale. Sanderson a aussi peint les paysages du Colorado, travaillé dans une veine moderniste et même réalisé, dans les années 1960, une série de peintures abstraites. Un itinéraire assez libre, qui passe de l’illustration au réalisme, de la critique sociale à l’abstraction, sans jamais perdre son intérêt pour le monde qui l’entoure.
 © Veilleur de Nuit – 2023

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...