In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 7 mai 2023

Toni Schneiders - Route de campagne, Lindau
(1957)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe allemand Toni Schneiders (1920-2006), déjà présenté ici en août 2015.

T.S. - Tôt le matin, Lindau (1949)
En 1949, avec cinq autres jeunes photographes - dont Otto Steinert - qui fera l'objet d'une prochaine publication -, il fonde le groupe avant-gardiste Fotoform, Ce collectif, dont le nom fait référence au formalisme, s’oppose à la photographie réaliste d’après-guerre pour renouer avec les recherches esthétiques des années 1920 et du début des années 1930. Leur ambition : révéler les qualités graphiques de la photographie en noir et blanc, souvent à travers un détail, des contrastes marqués ou des perspectives audacieuses pouvant aller jusqu’à l’abstraction.
DG3

ICI

samedi 6 mai 2023

Neil McBride - Alone in a crowd
Une image et des mots. Le solitaire sera éclaboussé par tous, écrivait Henri Michaux.
Les tableaux de l'anglais Neil McBride, et celui-ci en particulier, me font penser à des éclaboussures.
Pour aller avec, j'ai choisi ces quelques lignes de Jean-Jacques Rousseau, extraites de ses Rêveries du promeneur solitaire (1782).

Me voici donc seul sur la Terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux.
BD8

ICI

dimanche 30 avril 2023

Evelyn Hofer - Dublin (1966)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de la photographe germano-américaine Evelyn Hofer (1922-2009), figure marquante de la photographie documentaire du XXe siècle. Née à Marburg, en Allemagne, elle a grandi dans un contexte de bouleversements politiques qui ont profondément influencé sa vie et son art. Sa famille fuit le nazisme en 1933 pour s’installer d’abord à Genève, puis à Madrid. Mais l’arrivée de Franco au pouvoir les pousse de nouveau à l’exil, cette fois vers le Mexique, au début des années 1940, où Evelyn entame sa carrière de photographe professionnelle.
En 1946, elle s’installe à New York, où elle collabore avec Alexey Brodovitch de Harper’s Bazaar et fréquente des artistes comme Richard Lindner et Saul Steinberg.

E. Hofer - New York
Hofer se distingue par ses portraits et paysages urbains réalisés avec une chambre photographique 4x5 pouces - un choix technique exigeant qui traduit son goût pour la précision et la lenteur. Ses compositions sont ordonnées et précises, et ses portraits révèlent souvent des expressions ambivalentes, teintées de tristesse ou de solitude.
Elle a également excellé dans des projets littéraires, associant ses photographies aux textes d’auteurs tels que V.S. Pritchett (Dublin: A Portrait) et Mary McCarthy (The Stones of Florence).
Caractérisé par une grande élégance formelle, le travail d'Evelyn Hofer transcende la simple documentation pour inviter à une réflexion visuelle sur l’architecture, les visages, et les histoires humaines, témoignant d'un regard à la fois rigoureux et profondément sensible.

RF2

ICI

dimanche 23 avril 2023

William Sanderson - Untitled
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain d'origine lettone William Sanderson (1905-1990). Né à Dubbeln, près de Riga, il a eu une vie marquée par les bouleversements de son époque, de la Russie tsariste à l'Amérique de la Grande Dépression. Immigré aux États-Unis en 1923, il étudie à la National Academy of Design à New York, avant de travailler comme illustrateur pour des magazines prestigieux tels que The New Yorker et New Masses.
I believe the artist is first of all a human being with the ability to see and depict the hope, aspirations and the despair of other human beings.”
Convaincu que la responsabilité de l’artiste envers la société devait guider toute création, Sanderson a porté un regard lucide sur les préjugés ethniques et raciaux, thème central de son œuvre.
W.S. - Ten bare trees

Il les aborde dans les années 1950 à travers des tableaux comme Noon Hour, Whites Only ou Brief Encounter, qui dénoncent la ségrégation et les injustices sociales.
Ses œuvres de cette période critiquent aussi l’aliénation et les tensions de la vie urbaine - en témoigne Beginning of the End. Plus tard, avec des peintures comme Tierra y Libertad et La Pulquería, inspirées du réalisme socialiste de Diego Rivera, il s’attache à la quête identitaire des jeunes Chicanos.
Au-delà de ses influences multiples - de la tradition européenne au modernisme américain - Sanderson a su conjuguer figuration et abstraction dans une œuvre profondément humaniste, portée par la conviction que l’art, par sa force spirituelle, peut donner sens et consolation à l’existence.
Because I feel that art is fundamentally humanistic... the artist can offer men spiritual release and infuse meaning into what is often a meaningless existence.”

Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.