| AV9 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 18 février 2023
dimanche 12 février 2023
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| J-P. B. - Jesus and Mary, Dublin (2019) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Joseph-Philippe Bevillard (b.1964). Né à Boston, il vit en Irlande depuis 2000.
En 1984, il se met à la photographie qu'il étudie pendant deux ans au Rochester Institute of Technology de New York. En 1990, il poursuit sa formation à l’Art Institute of Boston. Il commence alors à développer son style de portraits carrés en noir et blanc, photographiant des personnes rencontrées dans les night-clubs et dans la rue. Parmi ses influences, il cite notamment Diane Arbus, Paul Strand, August Sander, Brassaï et Richard Avedon.En 2000, Bevillard s’installe en Irlande.
C’est en 2010 qu’il commence à photographier les Irish Travellers, les Tinkers ou Mincéirs, communauté traditionnellement nomade d’Irlande. Le projet, qui s’étend sur plusieurs années, donne lieu à de nombreux portraits mais aussi à des scènes de la vie quotidienne, de fêtes, de cérémonies et de réunions familiales.
Les photographies de Bevillard frappent d’abord par leur proximité. Il a passé des années à gagner la confiance des Travellers, et ça se sent dans ses portraits, qui donnent rarement l’impression d’une rencontre furtive avec un photographe de passage. Ses images montrent des personnes, avec leur caractère, leur allure, leur environnement, sans chercher à les embellir ni à en faire des personnages pittoresques. Bevillard parle d’ailleurs d’« images honnêtes », réalisées sans recadrage et aussi proches que possible de ce qu’il a vu dans son viseur.
« Je crois qu'un bon portrait doit être en mesure de montrer ce qu'une personne a été, ce qu'elle est, et ce qu'elle sera. »
© Veilleur de Nuit – 2023
dimanche 5 février 2023
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| A.S. - The common thread (2020) |
La veillée du dimanche. Deux aquarelles de Alisa Shea (b.1974), peintre américaine qui vit et travaille dans l’État de New York. Autodidacte, elle travaille à l’aquarelle et s'intéresse aux objets du quotidien, souvent des objets usés ou anciens, marqués par le temps, qu'elle photographie avant de les peindre. Une boîte cabossée, un morceau de verre, un livre posé sur une table : elle s’attache aux surfaces, aux textures, aux reflets, à tout ce qui donne à ces objets leur présence particulière.
Les couleurs sont exactes, les contours nets et les détails minutieusement rendus.
On remarque les plis, les rayures, les bords effacés, les petites variations de lumière. Il y a dans ces peintures une étonnante patience de l’observation.
Et puis il y a ces objets eux-mêmes. Des choses banales que quelqu’un a vues, touchées, utilisées, et qui semblent avoir conservé quelque chose de ces gestes ordinaires. Peut-être est-ce ce qui leur donne cette présence un peu particulière : la mémoire qui s’est déposée en elles. « Chaque chose porte en soi son infini », nous dit Le Clézio dans L'Extase matérielle (1967).
© Veilleur de Nuit – 2023
samedi 4 février 2023
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| Ken Schles - Untitled |
Une image et des mots. La photo est de Ken Schles, dont j'ai déjà présenté deux clichés en octobre 2010.
Les mots sont de la poétesse argentine Alejandra Pizarnik (1936-1972).
Sólo la sed
el silencio
ningún encuentro.
Cuídate de mí amor mío
cuídate de la silenciosa en el desierto
de la viajera con el vaso vacío
y de la sombra de su sombra.
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