In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 25 juin 2022

Agnolo Bronzino
Une image et des mots. Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie disait Montesquieu.
Peut-on transformer un lieu en y lisant ?
Pour aller avec ce détail du Jeune homme au livre, du peintre maniériste italien Agnolo Bronzino (1503-1572), voici quelques lignes d'Alberto Manguel, extraites de son Histoire de la lecture (1996)

Moi aussi je lis au lit. Dans la longue succession des lits où j'ai passé les nuits de mon enfance, dans des chambres d'hôtel inconnues où les phares des voitures balayaient en passant le plafond de lumières étranges, dans des maisons dont les odeurs et les bruits ne m'étaient pas familiers [...], ce qui se passait se passait dans le livre, et c'était moi qui racontais l'histoire. La vie se déroulait parce que je tournais les pages. Je ne crois pas pouvoir me rappeler joie plus grande, plus complète, que celle d'arriver aux dernières pages et de poser le livre, afin que la fin ne se produise pas avant le lendemain, et de me renfoncer sur l'oreiller avec le sentiment d'avoir bel et bien arrêté le temps.
HE2

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dimanche 19 juin 2022

S.W. - Scene from the street, NY

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe allemand Sepp Werkmeister (b.1931).
Il est surtout connu pour ses portraits de jazzmen et ses scènes de rue à New York dans les années 1960 et 1970. Ses images captent non seulement des figures emblématiques de la scène jazz – Duke Ellington, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald – mais aussi l’atmosphère particulière de la ville, qu’il sait documenter avec une sensibilité unique qui mêle le regard du portraitiste à celui du photographe de rue.
S.W. - Lower Manhattan, NY (1968)

Il s’inscrit dans une tradition européenne et américaine de la photographie urbaine aux côtés de photographes comme Henri Cartier-Bresson, William Klein, Lisette Model, Weegee, Garry Winogrand, Thomas Hoepker ou Vivian Maier, récemment redécouverte.
Bien avant que Stephen Shore (mai 2010) et William Eggleston (mai 2013) ne contribuent à imposer la photographie couleur comme une forme artistique à part entière, Werkmeister fut également un pionnier de la photographie de rue en couleur, à une époque où celle-ci restait encore largement associée à la publicité ou au reportage populaire. Il puise alors son inspiration dans les images d’Ernst Haas et dans le travail sans concession de Diane Arbus, rencontrée à New York, dont la personnalité et l’intensité laisseront une empreinte durable sur sa vision artistique.

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dimanche 12 juin 2022

Zhen-Huan Lu - Oil lamp
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain d'origine chinoise Zhen-Huan Lu (b.1950). Il a été formé au département de scénographie de l'Académie de théâtre de Shangaï, où il reçoit une formation nourrie par les traditions occidentales de la représentation du paysage.
Une fois diplômé il y enseignera la scénographie et la peinture avant de s'installer aux États-Unis, en 1986, à l'occasion de sa première exposition en solo à New York. 
Z.L. - Afternoon repose

Son réalisme, toujours empreint de poésie, prend forme dans des scènes emplies d’objets familiers, mais où l’homme est absent. Et c’est précisément cette absence qui révèle la présence invisible des émotions humaines, cette proximité intime dont parlait Novalis : « ce à quoi nous sommes du plus près liés. »
BD8

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dimanche 5 juin 2022

P. A. - Queen Elisabeth II (1954-55)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur italien Pietro Annigoni (1910-1988). Portrait de l'artiste en pêcheur à la ligne.
À l’occasion de son jubilé d'argent, voici un très beau portrait d’Elisabeth II réalisé deux ans après son couronnement. Avec celui d'Annie Leibovitz, qui l'a photographiée en 2007 (voir publication de juillet 2020), c'est mon portrait préféré de la Gracious Queen
P.A. - Le départ (1935)

On y voit une belle jeune femme de 28 ans, altière, vêtue des robes de l’Ordre de la Jarretière, dans un paysage romantique d’une grande élégance. Dans le coin inférieur gauche, l’artiste, dans une barque, taquine le goujon.
Le second tableau, La partenza (1935), appartient à sa période de jeunesse : ces embarcations aux voiles déployées, affrontant une mer sombre et agitée, témoignent déjà de son admiration pour les paysages du XVIIᵉ siècle, de Poussin à Peruzzini, où la nature devient le théâtre d’une inquiétude presque métaphysique.

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