| HA2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 4 juin 2022
dimanche 29 mai 2022
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| O.C. - Guerre dans le Donbass (2014) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe documentaire et photojournaliste ukrainien Oleksandr Chekmenov (b.1969), originaire de Luhansk, dans le Donbass, auquel il a consacré un livre publié en 2011.
Chekmenov commence sa carrière dans un studio de photographie de sa ville natale en 1988. Après la chute de l’URSS, il photographie les conséquences de la crise économique et les bouleversements que connaît alors la région minière du Donbass.
En 1997, il s’installe à Kyiv et devient photojournaliste indépendant. Il travaille depuis sur les transformations de son pays, en temps de paix comme pendant les révolutions et la guerre.
Sa série Passport est née d’une situation assez particulière.
En 1994-1995, les services sociaux de Louhansk font appel à des photographes pour prendre à domicile les photos d’identité des personnes âgées ou malades qui ne peuvent pas se déplacer. Chekmenov est chargé de ces visites. Il photographie les personnes pour leur nouveau passeport ukrainien, mais prend aussi, avec un autre appareil, des photographies de leurs intérieurs et de leurs conditions de vie. Il découvre ainsi une pauvreté et une solitude qui le frappent profondément.
Ce qui devait être un simple travail administratif devient alors une véritable série photographique. Les petits portraits destinés aux passeports sont accompagnés d’images beaucoup plus larges, où l’on voit les personnes chez elles, entourées de ce qu’elles possèdent. Chekmenov ne cherche pas à embellir ces intérieurs ni à cacher leur dénuement. Il nous montre simplement ce qu’il découvre.
Il poursuivra ce travail documentaire dans le Donbass, puis photographiera les bouleversements de l’Ukraine contemporaine, jusqu’à la guerre actuelle. Son travail a notamment été publié par The New York Times, Time et The Guardian. Pour découvrir son travail, c’est ICI.
© Veilleur de Nuit – 2022
samedi 28 mai 2022
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| Gennady Blohin - Collection (2012) |
Au fond, ce qu'on sent aujourd'hui, à la vue du travail - on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance.
Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières.
[....] Êtes-vous complices de la folie actuelle des nations qui ne pensent qu'à produire le plus possible et à s'enrichir le plus possible ? Votre tâche serait de leur présenter l'addition négative : quelles énormes sommes de valeur intérieure sont gaspillées pour une fin aussi extérieure ! Mais qu'est devenue votre valeur intérieure si vous ne savez plus ce que c'est que respirer librement ?
dimanche 22 mai 2022
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| S. Downey - Down the stairs (2015) |
Ses personnages sont souvent représentés dans des intérieurs familiers, parfois seuls, absorbés dans leurs pensées. Downey peint notamment sa femme, ses amis et des personnes de son entourage.
Ce qui me plaît, c’est justement le caractère très ordinaire de ces scènes. Une femme près d’une fenêtre, quelqu’un qui attend, un personnage qui semble regarder ou écouter quelque chose : il y a toujours cette petite incertitude, parfois teintée d'un malaise imperceptible, qui fait qu'on se demande ce qui vient de se passer, ou ce qui va arriver.
On ne sait pas bien si l’on se trouve dans l’« avant » ou dans l’« après », et ça donne à ses tableaux une dimension presque cinématographique. Certaines œuvres, comme The Visitor, Window Watcher ou The Investigator II, semblent sortir de photogrammes d’un film de David Lynch.
Shaun Downey dit vouloir « ralentir la marche du temps » en peignant ces moments de solitude. Ses personnages, seuls, semblent écouter quelque chose – peut-être le monde, ou peut-être simplement quelque chose d’eux-mêmes.
© Veilleur de Nuit – 2022
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