In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 8 janvier 2022

Mikhaïl Potapov - The moment (2017)

Une image et des mots. Le cliché est du photographe russe Mikhaïl Potapov (b.1983).
Les mots pour aller avec sont de Jean Vautrin, extraits de Gipsy blues (2014).

Pourtant, dès mon premier ouf, c'est inouï comme j'avais soif d'aimer les autres. Enfant de la lune et du soleil, j'avais une envie folle de coller mon oreille contre le fût des arbres. D'écouter battre sous l'écorce le suc de la terre. De me mêler à la gaudriole générale. À tout ce raffut de la création. D'orchestrer le cui-cui des oiseaux, d'apprivoiser le savoir des personnes. Pas une minute, je n'imaginais que les gens puissent être aussi arrogants, aussi méchants. O mensi ! comme nous les appelons dans notre parler manouche. Les gens ! Passants ordinaires, je veux dire. Gadjé ! Des corniauds de tous les jours qui vont, qui viennent et traversent devant nous.
[.....] J'ignorais qu'en naissant Tzigane, je serais rabaissé au rang de gueux, de sauvage, de chien errant qui ne connaitrait ni les lois ni la morale ordinaire.

TF1

ICI

dimanche 2 janvier 2022

V. Pasmore - Hammersmith, evening (1944)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et architecte anglais Victor Pasmore (1908-1998), l’un des grands représentants de l’abstraction britannique. D'abord ancré dans une peinture figurative influencée par le post-impressionnisme – Bonnard, entre autres – Pasmore évolue après-guerre vers l'abstraction, période que je préfère et dans laquelle s'inscrivent ces deux tableaux.

V.P. - Quiet river, The Thames at Chiswick
(1943)



Cette évolution, dans les années 40, doit beaucoup à l'influence d'artistes comme Ben Nicholson, Piet Mondrian et Paul Klee, qui l'ont amené à explorer les formes géométriques, la couleur et les lignes.
Dans les années 1950, Pasmore approfondit ses recherches abstraites : ses œuvres intègrent des formes géométriques, des reliefs et des jeux d’espace qui brouillent les frontières entre peinture et sculpture. À Peterlee, il transpose également ses recherches dans l’espace public, faisant de l’art abstrait un élément du paysage urbain.
Dans Quiet River, The Thames at Chiswick, le paysage semble peu à peu s’effacer : les tons ocres et bruns enveloppent la scène, les silhouettes se réduisent à quelques formes épurées.
On est encore dans le monde visible, mais déjà aux frontières de l’abstraction. C'est très simple. C'est très beau.
 © Veilleur de Nuit – 2022

NC13

ICI

dimanche 26 décembre 2021

Charlotte J. Sternberg

La veillée du dimanche. J’ai déjà dans ce blog exprimé mon goût pour l’illustration, notamment à travers un édito de juillet 2010, mais aussi à travers plusieurs chroniques consacrées depuis 2008 à divers illustrateurs. Voici aujourd’hui deux œuvres de l’artiste américaine Charlotte Joan Sternberg (1920-2003).
Diplômée en beaux-arts de l’université de Yale, elle y découvre la tempera à l'oeuf, une technique qu’elle emploiera toute sa vie pour peindre ses scènes rurales de Nouvelle-Angleterre : un monde de fermes, de villages enneigés et de paysages paisibles réalisés avec une grande minutie, et qui semblent appartenir à une Amérique d’avant les grandes transformations de la seconde moitié du XXᵉ siècle.
C.S. - Christmas

Sternberg a aussi travaillé comme illustratrice pour des calendriers, des cartes de vœux et de nombreuses images de Noël, de celles qui ornent les boîtes de chocolats ou les beaux puzzles de chez Gibsons. Bien au-delà des galeries et des musées, ses œuvres ont ainsi accompagné le quotidien de milliers de foyers américains et contribué à façonner, dans la mémoire collective, l'image d'une Amérique rurale idéalisée.
 © Veilleur de Nuit – 2021

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...