| MO2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 28 novembre 2021
samedi 27 novembre 2021
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| a/u |
Une image et des mots. Montaigne, qui a vécu à une époque de grandes découvertes, était lui-même un grand voyageur qui a sillonné l'Europe.
Il voulait, disait-il, frotter sa cervelle contre celle d'autrui, et c'est à lui que l'on attribue l'adage bien connu selon lequel les voyages forment la jeunesse.
Dans sa Vie des philosophes illustres, Diogène Laërce évoque Anacharsis, "voyageur sauvage poli par les moeurs étrangères", qui se serait "défait" de sa barbarie en fréquentant les Athéniens.
Du philosophe Scythe, issu d'un peuple de cavaliers nomades qui dominait les steppes eurasiennes entre le VIIe siècle av. J.-C. et la fin de l'Antiquité, il rapporte ces paroles :
Moi je suis venu au pays des Grecs pour être instruit de leurs coutumes et de leurs pratiques. L'or, je n'en ai aucun besoin ; il me suffit de retourner chez les Scythes en homme meilleur.
Quant à Goethe, il nous dit : Veux-tu vivre heureux? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pour recevoir.
dimanche 21 novembre 2021
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| Eugenia Loli - The other side |
La veillée du dimanche. Je me rends compte que je n’ai, curieusement, encore jamais accordé ici de place au collage, une forme d’expression que j’aime pourtant depuis longtemps – depuis que je l’ai découverte, adolescent, avec Jacques Prévert.
En voici donc deux, signés de l’artiste grecque Eugenia Loli (b.1973), déjà présentée ici en mai 2015 et en mars 2016.
Ancienne professionnelle de l’industrie technologique installée en Californie, Eugenia Loli s’est tournée vers le collage, où elle s’est rapidement fait connaître par ses compositions surréalistes et rétro-futuristes.
À partir d’images trouvées dans des magazines, des livres anciens ou des photographies d’archives – visages souriants des années 1950, décors de science-fiction, fragments de culture populaire – elle crée des associations inattendues où le familier bascule doucement vers l’étrange. Ses collages ne racontent pas vraiment des histoires ; ils ouvrent plutôt des espaces où le rêve, l’humour et l’absurde viennent déplacer notre regard sur des images que nous croyions connaître.
Le premier collage appartient à la série Reportaz, le second à Oh, l’amour !
dimanche 14 novembre 2021
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| René Maltête - La majorité |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français René Maltête (1930-2000).
Né à Lamballe en Bretagne, il découvre la photographie dès l’adolescence, mais c’est à Paris qu’il trouve sa voie, d’abord comme assistant dans le cinéma auprès de Jacques Tati et de Claude Barma, avant de se tourner définitivement vers l’image fixe.
Il commence à photographier sérieusement (si on peut dire) à partir des années 1950, avec un style bien à lui : des scènes ordinaires traversées par un détail inattendu, un décalage.
Rien de spectaculaire, il capte juste avec finesse l’humour discret des situations humaines. René Maltête regarde le monde avec malice ; il suffit d'un léger décalage pour en révéler l'incongru.
« Il est important de masser le cœur du monde, son épiderme est en défloraison. »
En 1960 paraît Paris des rues et des chansons, où ses photographies dialoguent avec des textes de Jacques Prévert, Boris Vian, Georges Brassens, Charles Trenet ou Pierre Mac Orlan. Un compagnonnage qui lui ressemble.
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