In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 22 août 2021

W.G. - Devant le miroir (1910)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et sculpteur allemand Wilhelm Gallhof (1878-1918), qui s'impose au début du XXe siècle comme l'un des artistes allemands les plus en vue pour ses nus féminins. Formé notamment auprès de Lovis Corinth – membre de la Sécession berlinoise et que l'Allemagne nazie qualifiera plus tard de dégénéré –, il appartient à cette génération qui se situe à la croisée de l'impressionniste finissant et du Jugendstil, l'Art nouveau allemand. 
W.G. - Le collier de corail (c.1917)

Ses nombreux nus, parfois érotiques, font aussi de lui un artiste controversé. Mais il est difficile de les regarder aujourd'hui sans les replacer dans cette époque de transition vers les Années folles où le corps féminin, la sensualité et la recherche d'une beauté nouvelle occupent une place importante dans les arts.
Devant le miroir, peint en 1910, et Le Collier de corail, réalisé vers 1917, montrent deux femmes nues dans une attitude assez proche, mais dans des compositions très différentes.
Le second tableau est sans doute le plus célèbre de Gallhof : la femme se regarde dans un face à main, parée de colliers de corail autour du cou et de la cheville. Le tableau sera reproduit en couverture de Jugend, revue culturelle et artistique très influente de l'époque.
Mais comme beaucoup d'artistes de sa génération, Gallhof n'aura guère le temps de voir ce que deviendra le monde auquel il appartient. Il meurt au combat en 1918, à peine âgé de 40 ans, alors que touche à sa fin « la plus monumentale ânerie que le monde ait jamais faite », selon le mot du Maréchal Lyautey.
 © Veilleur de Nuit – 2021

OE2

ICI

dimanche 15 août 2021

J. Nachtwey - Kaboul, Afghanistan (1996)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe de guerre américain James Nachtwey (b.1948). Depuis plus de quarante ans, il photographie les guerres, les famines, les génocides et les catastrophes humanitaires aux quatre coins du monde. 
James Nachtwey donne à voir l'insupportable avec des images d'une grande beauté.
À Kaboul, en 1996, une femme pleure son frère tué par une roquette talibane. Dans une autre photographie prise après les combats, une silhouette avance dans les ruines de la ville. Deux images différentes, mais qui toutes deux racontent la guerre sans montrer les combats.
J.N. - Kaboul, Afghanistan (1996)

Nachtwey a été membre de Magnum Photos avant de participer à la création de l'agence VII. Son travail est animé par une volonté simple : montrer l'horreur sans en faire un spectacle.
« I hope my archive will inspire future generations to approach the world with the same global perspective and concern for human dignity and social justice that I have sought to convey through my work. »
 © Veilleur de Nuit – 2021
AP4

ICI

dimanche 8 août 2021

A.D. - Communication breakdown
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Alex Devereux (b.1974). Formé à l’American Academy of Art de Chicago, où il étudie le design graphique et l’illustration, il découvre presque par hasard le photoréalisme lors d’un projet étudiant : photographier une Buick de 1956 abandonnée dans une casse automobile. Cette image sera le point de départ d’une nouvelle voie, celle d’une peinture consacrée aux traces laissées par l’Amérique industrielle.
 
A.D. - Blue swallow
Depuis l’enfance, Devereux est fasciné par l’imagerie rétro et l’Americana d’après-guerre : stations-service désaffectées, enseignes lumineuses, gares de triage et dépôts ferroviaires.
Il ne peint pas des monuments, mais ces lieux ordinaires qui portent en eux l'histoire d’un pays bâti sur la vitesse, la consommation et le rêve industriel, et peu à peu transformé par le temps.
De la crudité des néons à la douceur électrique du crépuscule, les images d'Alex Devereux jouent avec la lumière pour faire apparaître dans ces paysages délaissés quelque chose qui dépasse la simple nostalgie.
 © Veilleur de Nuit – 2021

FH1
ICI

BE2 ICI