In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 20 juin 2021

J. Ciągliński - La toilette (1909)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre polonais Jan Ciągliński (1858-1913).
Alors qu'il étudie la médecine à l'Université de Varsovie, il suit les cours de dessin de Wojciech Gerson, grande figure du réalisme polonais que je présenterai prochainement.
Il abandonne bientôt la médecine pour la peinture et part s'installer à Saint-Pétersbourg, où il entre à l'Académie impériale des beaux-arts en 1879.

J.S. - Sur le Bosphore (1899)
Il y restera jusqu'à sa mort, tout en voyageant régulièrement en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il rapporte de ces voyages des centaines d'études de paysages, souvent peintes sur le motif, d'une manière très libre qui doit beaucoup à l'impressionnisme français. En 1894, lors d'un séjour à Paris, il travaille quelque temps dans l'atelier de Benjamin-Constant, mais c'est surtout à Saint-Pétersbourg qu'il contribue au renouvellement de la peinture, au point d'être considéré par certains critiques comme l'un des premiers  impressionnistes russes. J'y reviendrai.
 © Veilleur de Nuit – 2021

KC1

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dimanche 13 juin 2021

André de Dienes - Untitled

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe hongrois André de Dienes (1913-1985). Très tôt marqué par l’errance et la liberté, il quitte son foyer à quinze ans et traverse une grande partie de l'Europe à pied. Arrivé à Paris en 1933, il travaille d’abord pour L’Humanité, avant de partir à New York où il se fait connaître dans la photographie de mode. Mais, dès qu’il le peut, il parcourt le pays et photographie les grands espaces et les communautés amérindiennes – notamment les Apaches, les Hopis et les Navajos – avec un regard attentif et respectueux, loin de tout exotisme.

A.D. - Marilyn, Tobay Beach
(1946)
Peu à peu, il délaisse la photographie commerciale et s’installe en Californie où il s'engage dans une œuvre plus personnelle, consacrée au nu, au paysage et au mouvement (voir les belles images de Mallia Phillips dansant dans le désert). « Every nude photograph I have ever taken was intended only to express my feeling for beauty. »
Lorsqu'il rencontre une jeune Norma Jeane en 1945, elle n'est encore qu'une aspirante actrice. Fasciné par sa beauté naturelle, il réalise d'elle plusieurs séries de photographies, dont celle de Tobay Beach en 1949. C'est dans cette belle série que j'ai – difficilement – fait le choix de cette image.
 © Veilleur de Nuit – 2021

MO3

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dimanche 6 juin 2021

V.V. - Jeune fille face à son miroir
(1971)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du Finlandais Veikko Vionoja (1909-2001). Né en Ostrobotnie centrale, fils d'un menuisier, il reste toute sa vie très attaché aux paysages de son enfance. Il y passe ses étés, y retrouve les villages, les fermes et les vieilles maisons, les paysages qu'il peint à partir de croquis et de souvenirs.
« On ne peut représenter que ce à quoi son cœur est entièrement attaché ».
Mais ce que j'aime davantage, ce sont ses scènes d'intérieur : des pièces lumineuses, parfaitement ordonnées et d'une propreté presque irréelle, où quelques meubles, quelques fleurs ou quelques objets suffisent à créer une impression de chaleur et de vie. Vermeer était l'un de ses peintres préférés.

V.V. - Intérieur à Korpela (1989)
Dans Jeune fille face à son miroir, une jeune femme en chemise blanche est assise devant une jolie desserte sur laquelle ne repose qu'un vase empli de fleurs. Rien d'autre, rien à lire ni à écrire, ni brosses ni flacons ; elle s'est assise pour se regarder. À côté d'elle, un buffet aux étagères presque vides complète cet intérieur sans ornement mais d'une coquette sobriété. La jeune fille se regarde en coin.
Même rigueur dans Intérieur à Korpela, que viennent agrémenter deux bouquets de fleurs fraîches. Korpela était le nom de la maison du XVIIIᵉ siècle qui servait de résidence d'été à la famille Vionoja, dans le village de Haapala.
Peut-être est-ce cette histoire intime avec les lieux qui donne à ses intérieurs cette impression si particulière : celle d'un monde simple, ordonné, habité par la mémoire.
 © Veilleur de Nuit – 2021
AO4

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