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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 23 mai 2021
samedi 22 mai 2021
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| D. Doubilet - Chance encounter, Galapagos Islands (2006) |
Une image et des mots. L'image c'est ce cliché du photographe américain David Doubilet, né à New York en 1946, et qui a commencé à publier dans le National Geographic en 1978.
Son titre, Chance encounter, m'a fait penser à un passage de l'ouvrage de Joseph Campbell "Le mythe à travers les âges", traduit et publié en France en 1993.
Son titre, Chance encounter, m'a fait penser à un passage de l'ouvrage de Joseph Campbell "Le mythe à travers les âges", traduit et publié en France en 1993.
Schopenhauer souligne que lorsque l'on atteint un âge avancé et évoque sa vie, celle-ci semble avoir eu un ordre et un plan, comme si elle avait été composée par un romancier.
Des événements qui semblaient à l'époque accidentels et sans importance se manifestent comme des facteurs indispensables dans la composition d'une trame cohérente.
Qui a composé cette intrigue ? Schopenhauer suggère que, ainsi que nos rêves incluent un aspect de nous-mêmes que notre conscience ne connaît pas, notre vie entière est composée d'une volonté en nous. Et ainsi que des personnes rencontrées par hasard sont devenues des acteurs décisifs dans la structuration de notre vie, nous avons aussi servi inadvertement (sic) comme agents, donnant un sens à des vies d'autrui.
L'ensemble de ces éléments s'unissent comme une grande symphonie, et tout se structure inconsciemment avec tout le reste... Le grand rêve d'un seul rêveur, où tous les personnages du sommeil rêvent aussi.
dimanche 16 mai 2021
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| E.Schiele - Jardin fleuri (1907) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre autrichien Egon Schiele (1890-1918), figure majeure de l'expressionnisme viennois, déjà présenté en septembre 2013. Protégé de Gustav Klimt, Schiele s'émancipe très tôt de l'esthétique raffinée de son mentor pour développer un style plus âpre, plus nerveux. À peine âgé de vingt ans, il impose une vision bouleversante du corps et de l'âme, avec ses lignes brisées, ses poses contorsionnées et ses regards fiévreux : un monde intérieur tendu, souvent douloureux.
Mais c’est encore à ses paysages que je vais m’intéresser aujourd’hui, avec les deux œuvres que j'avais citées dans la première publication : Façade sur la rivière illustre bien la manière dont Schiele, avec une palette réduite et des lignes énergiques, parvient à donner à ses paysages une force expressive qui les rapproche parfois de l’abstraction.
En fait, ils montrent moins la nature elle-même que l'état d'esprit du peintre. Schiele ne peint pas tant le monde que le trouble qu’il y perçoit. Et c’est aussi ce qui rapproche ses paysages de ses portraits : derrière les maisons, les rues et les eaux, on retrouve les mêmes tensions, la même solitude, la même inquiétude.
Schiele meurt en 1918, emporté par la grippe espagnole à l’âge de 28 ans. Il laisse derrière lui une œuvre brève mais fulgurante, où les paysages, tout comme ses figures humaines, semblent toujours parler de quelque chose qui se passe au-delà de ce qu’ils montrent.
© Veilleur de Nuit – 2021
dimanche 9 mai 2021
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| W.B. - Barbara through window (1965) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Wynn Bullock (1902-1975) déjà présenté en mars 2017, et dont on peut découvrir le travail ICI.
Après avoir envisagé une carrière musicale, il découvre la photographie dans les années 1920 et s'y consacre pleinement, influencé notamment par Man Ray, puis par Edward Weston qu'il rencontre en 1948. Chez Bullock, la photographie dépasse souvent la simple représentation du monde visible. La lumière, les formes naturelles, le corps humain et la matière deviennent les éléments d'une même recherche.
« Light to me is perhaps the most profound truth in the universe. My thinking has been deeply affected by the belief everything is some form of radiant energy. »
Proche de la straight photography, qui défend une photographie directe, sans artifice, Bullock n'hésite pourtant pas à expérimenter, notamment avec la solarisation, pour explorer les liens mystérieux entre le réel et la perception que nous en avons. Il cherchera ainsi, selon ses propres termes, à utiliser la photographie pour rendre visible ce qui ne l'est pas à l'œil.
« The urge to create, the urge to photograph, comes in part from the great desire to live with more integrity, to live more in peace with the world, and possibly to help others to do the same. »
Chez Wynn Bullock, photographier semble donc être à la fois une manière de regarder et une manière de vivre : chercher, à travers la lumière et les formes du monde, quelque chose qui nous échappe encore.
© Veilleur de Nuit – 2021
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