In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 2 novembre 2019

Frederic Edwyn Church - River of light (1877)
Une image et des mots. L'américain Frederic Edwin Church (1826-1900) était une figure majeure de l'École de peintres paysagistes de l'Hudson River School, déjà évoquée ici avec Bierstadt en juillet 2008.
À deux reprises, celui qui fut surnommé le Michel-Ange du paysage part en Amérique du sud, inspiré par les récits d'Alexandre de Humboldt, auteur du Voyage en Amérique équinoxiale et à qui l'on doit notamment l'exploration du Brazo Casiquiare, ce cours d'eau qui relie les bassins hydrographiques de l'Orénoque et de l'Amazone.

Ce tableau, River of light (1877), fruit de ces voyages, est conservé à la National Gallery of Art de Washington qui présente ainsi le peintre :
"Comme son maître Thomas Cole, Church exprime en célébrant dans ses paysages les merveilles apparemment infinies de la nature un sens stupéfiant du sublime. L'artiste consacrait énormément de temps à l'étude scientifique, convaincu que la connaissance de l'optique, de la météorologie, de la botanique et de l'écologie apporterait beaucoup à son travail."

Pour aller avec, j'ai choisi les mots de Roberto Juarroz, extraits de sa Dixième poésie verticale. 
« Tu étais le porteur de l'aventure... »

Eras el portador de la aventura
el huéped de lo insólito,
Titular de los trajines del milagro,
depositario de las rúbricas del viento,
capitán del azul inesperado,
reinventor general de lo existente.

No importa que las costras de la vida
sometieran tu heráldico penacho.
No importa que tu enorme expectativa
se hundiera en los sarcófagos bruñidos.
No importa que tus manos siempre abiertas
te las hayan cerrado con usuras.
No importa que tus sueños para todos
se volvieran un sueño para nadie.

Basta sencillamente que hayas sido
lo que alguna vez fuiste :
un hueco de tos joven
en la cueva envejica del mundo.
PF9

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dimanche 27 octobre 2019

J. Ahn - Untitled

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain d'origine coréenne Jonathan Jungsuk Ahn (né en 1977).
Il est formé dès l’enfance à Boston par Nancy Angell-Rickenbacker – ancienne élève de Picasso et de Kokoschka –, qui reste son mentor pendant dix ans et lui dispense un enseignement exigeant :
« Elle me donnait beaucoup de devoirs, par exemple en me confiant un livre de dessins de Michel-Ange et en me faisant les copier tous. Elle m’a aussi initié à une grande part de l’histoire de l’art, par les livres et en m’emmenant au Museum of Fine Arts de Boston pour me montrer des œuvres du grand portraitiste américain John Singer Sargent ou du maître français de l’académisme du XIXᵉ siècle, Jean-Léon Gérôme. »
J.A. - Seoul

Après le lycée, Ahn part à Paris pour étudier l’histoire de l’art à l’American University. La mort soudaine d’Angell-Rickenbacker en 1998 le détourne un temps de la peinture, mais il retrouve le goût de travailler au contact direct des chefs-d’œuvre, en copiant notamment Géricault et Monet dans les musées parisiens.
En 2005, il s’installe dans la région de San Francisco et travaille quelque temps comme programmeur avant de reprendre des études artistiques à l’Academy of Art University, auprès de Craig Nelson, Warren Chang, Baoping Chen, Zhaoming Wu et Tomutsu Takishima. Son œuvre se partage principalement entre deux sujets : des portraits, le plus souvent féminins, et des paysages urbains baignés de pluie, où l’asphalte luisant et les reflets lumineux deviennent la matière même du tableau.
« Je veux que ça reste viscéral, capter l’atmosphère sans trop en dire. Traduire des émotions simples – anxiété, tristesse, attente – sans être trop explicite. »
 © Veilleur de Nuit – 2026

RN2

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samedi 26 octobre 2019

Anon. - Station Shell
Une image et des mots. Une photo anonyme pêchée sur le net, un néon grillé, et quelques mots de Jacques Maritain à Joan Estelric.

"Une fois déchaîné le désastre, seulement demeurent des questions individuelles, qui dépendent de la position morale et de la perspective propre de chacun. et auxquelles il serait injuste de vouloir donner une réponse universelle.
En de tels moments, chacun va, dans la nuit, là où sa conscience le porte."
MM1

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dimanche 20 octobre 2019

W. van Mieris - De rarekiek (1718)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre néerlandais Willem van Mieris (1662-1747), l'un des grands représentants des fijnschilders de Leyde dans la dernière période de l'âge d'or hollandais. Fils de Frans van Mieris l’Ancien, il hérite du style minutieux et raffiné de son père. Ses tableaux, souvent de petit format, montrent des intérieurs bourgeois, des figures élégamment vêtues, des scènes galantes ou mythologiques, le tout traité avec une finesse extrême dans le rendu des matières et des textures : soies, velours, métaux, porcelaines…

W.M. - Village avec des chevaux
Cette minutie est caractéristique des fijnschilders de Leyde, ces « peintres fins » de l'âge d'or hollandais qui travaillaient sur de petits formats avec un souci extrême du détail. J'aurai sans doute l'occasion de revenir sur Gerrit Dou, maître du père de Willem et lui-même élève de Rembrandt, et Quiringh van Brekelenkam, deux autres peintres importants de cette tradition.
Membre influent de la guilde de Saint-Luc de Leyde, qu’il dirige à plusieurs reprises, van Mieris jouit d’un certain prestige de son vivant ; il fonde en 1694, avec Jacob Toorenvliet et Carel de Moor, une académie de dessin qu’il codirigera jusqu’en 1736.
Ce style minutieux et raffiné passera peu à peu de mode face aux nouveaux courants de peinture du XVIIIᵉ siècle. Mais l’art des fijnschilders n’a jamais cessé de me fasciner, autant pour sa virtuosité technique que pour ce qu’il nous apprend sur l’environnement et les usages d’une société hollandaise alors à son apogée.
 © Veilleur de Nuit – 2019

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...