In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 4 novembre 2018

Mark Broyer - série What's the fog

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe et artiste visuel allemand Mark Broyer (b.1979). Après plusieurs années consacrées à des projets musicaux qui n'aboutiront pas, il découvre la photographie à la faveur de l'exposition America by Car de Lee Friedlander (voir oct. 2008), une révélation qui l'amène à faire de l'image son principal moyen d'expression. « Fais n'importe quoi, mais tires-en de la joie », écrivait Henry Miller.
M.B. - série After hours (2017)

Photographiant principalement Hambourg, Berlin ou de grandes métropoles asiatiques, Broyer compose des images presque désertes, où quelques silhouettes anonymes suffisent à donner l'échelle du paysage urbain. Il combine volontiers photographie traditionnelle, interventions numériques et procédés expérimentaux, sans jamais rompre l'unité de ses images. Il en naît une atmosphère singulière, faite de silence, d'attente et de mélancolie, qui évoque parfois l'univers de Wong Kar-wai ou les tableaux de Edward Hopper.

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samedi 3 novembre 2018

J. Bastien-Lepage - Saison d'octobre (1878)
Une image et des mots. Je reviens cette semaine à la peinture de la vie paysanne, un sujet qui me plaît beaucoup. Je ne crois pas avoir déjà publié ici de tableau de Jules Bastien-Lepage, dont voici Saison d'octobre. Pour l'accompagner, les mots sont de Jacinta Ortiz Mesa, "la Tilli", une paysanne andalouse qui a publié à plus de 70 ans deux petits recueils de poésie (non traduits en français).
Ne sachant lire ni écrire, elle a dicté ses poèmes à une enseignante de son village. Des mots simples et sincères qui auraient peut-être ému un autre andalou amoureux de la terre, Garcia Lorca, ou inspiré une chanson à Victor Jara...

Yo no me quiero acordar ni la memoria me alcanza, para tanta calamidad, como yo pasé en mi infancia. Cuando tenía seis años me ponen a trabajar, guardando cerdos y cabras y pavos para empatar.
Si conocen lo que digo, los cerdos se despistaban, las cabras comían los olivos y los pavos que no andaban.
¡Ni con la ayuda de Dios, señores, yo los juntaba!
Con muchísimo trabajo y muy poca libertad yo llegué a los quince años ¡no lo quiero ni pensar!
Cuando a los quince llegué ya los niños me gustaban, pero era yo tan fea que nadie me decía nada.
¡Por fin! ya llegó ese día, que uno me dijo te quiero yo le dije: y yo a ti contesté pronto y ligero.
Era el hombre de mi vida, el que se sentó a mi lado, que yo, viva como viva, a ese nunca lo he olvidado.
Pero poquito duró eso bueno de mi vida, el diablo se atravesó y volví a pasar fatiga.
Se perdió un ángel en el cielo que por eso Dios bajó y cuando lo vio tan bueno al cielo se lo llevó.
Menores de once años me quedaron cinco niños, un montón de trabajo y ni una pizca de cariño.
Era un cuadro gigante lo que en mi casa quedó, había que seguir pa' alante y tenía que hacerlo yo,
De día yo trabajaba y por la noche cosía, pues lo que a mí me pasaba era que poco dormía.
Yo muy poquito dormía, muy poquito descansaba, pero con todo ese esfuerzo y con la ayuda de Dios nunca nos faltó de nada.
Lo malo que les he hecho es hacerles trabajar , pa que fuesen de provecho y apretaran a estudiar.
Ya se me hicieron mayores y ahí está el resultado, todos son trabajadores y todos se han colocado:
uno se hizo tractorista, y el otro fue camionero, la chica rompió por contable, y otro se me hizo banquero, y la más grande de todos plancha para el mundo entero. Me ha llegado la vejez y ahora tengo esa alegría, los veo a todos trabajar que era lo que yo quería. ¡Qué bonito es vivir! cuando la vida es buena. ¡Qué bonito es vivir! si la vives sin pena, ¡Qué bonito es vivir! la salud es lo primero
¡Qué bonito es vivir! Se lo digo al mundo entero.
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dimanche 28 octobre 2018

Marek Piasecki - Sans titre (1961)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe polonais Marek Piasecki (b.1935).
Né à Varsovie, il grandit dans le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale avant de s’installer à Cracovie après l’insurrection de 1944.
Très tôt attiré par le dessin et la peinture, il découvre la photographie en autodidacte, et s’y consacre pleinement après une arrestation politique qui interrompt ses études.
M.P. - Sans titre (1960)

Dans la Pologne des années 1950, marquée par le réalisme socialiste, Piasecki suit sa propre voie. Proche du poète Miron Białoszewski et membre du Second Groupe de Cracovie à partir de 1958, il développe une œuvre double : d'un côté une photographie documentaire inspiré par le néoréalisme italien – ce « noir réalisme » des rues grises de l’après-guerre – , de l'autre une recherche expérimentale radicale faite de photogrammes qu’il nomme héliographies, sortes de "peintures chimiques" où la lumière devient matière.
Il réalise aussi des assemblages dans des boîtes, souvent emplies de poupées disloquées, métaphores fragiles du corps et de la violence du monde. Ces univers miniatures, qu’il photographie lui-même, traduisent cette "esthétique du confinement" analysée par Margaret Iversen : la volonté de retenir ce qui menace de disparaître. Installé en Suède en 1967, il poursuit ce travail à la frontière du document et de la fiction. « Marek Piasecki a embrassé la photographie de manière obsessionnelle et sans aucune orthodoxie professionnelle, comme s’il voulait voir un mystère plus profond sous ses apparences », écrit le philosophe Paweł Mościcki.

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dimanche 21 octobre 2018

C. Bell - The ultimate gumball (1981)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre hyperréaliste américain Charles Bell (1935-1995). Né à Tulsa, il s’installe à New York en 1967 après un passage par San Francisco, où il se forme auprès de Donald Timothy Flores. Il revendique également l'influence du Pop art et de Vermeer.

C.B. - Tropical nights (1991)
À rebours des paysages urbains et des automobiles des hyperréalistes de la côte Ouest, Charles Bell consacre l’essentiel de son œuvre à des natures mortes : machines à billes, flippers, jouets mécaniques, poupées... Traités avec une virtuosité exceptionnelle, ces objets de la culture populaire deviennent les sujets d'une peinture qui emprunte autant à la tradition classique qu'à l'esthétique contemporaine.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...