| DB1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 3 mars 2018
dimanche 25 février 2018
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| Goya Capricho 7, Asi no la distingue (1799) |
J’écrivais alors que je n’étais pas vraiment amateur de son œuvre, qui me laisse le plus souvent assez indifférent.
À une exception près, toutefois : ses Caprichos, dont j’aime beaucoup la fantaisie satirique. C’est la raison pour laquelle je leur consacre cette chronique, même si mon goût pour Goya reste très sélectif. Il y a bien aussi le portrait de la Señora Sabasa Garcia, que je trouve très beau, mais cela ne suffit pas encore à faire de moi un inconditionnel.
Goya reste pourtant l’une des grandes figures de la peinture européenne. Né à Fuendetodos, en Aragon, il se forme à Saragosse puis à Madrid avant de séjourner en Italie, où il découvre l’art classique et la peinture vénitienne.
Devenu peintre officiel de la cour de Charles IV, il dépasse rapidement les conventions du portrait et de la peinture de commande pour porter sur son époque un regard particulièrement lucide. Peintre et graveur, il explore toutes les facettes de la société espagnole de son temps : la fête, les croyances, la misère, le pouvoir et la violence.
Son œuvre passe ainsi des scènes lumineuses et populaires de ses débuts aux visions sombres et presque hallucinées de ses dernières années. Les Caprichos et les Désastres de la guerre témoignent de sa lucidité face aux excès humains, tandis que les Peintures noires révèlent un univers intérieur profondément tourmenté.
Publiés en 1799, les Caprichos sont une série de quatre-vingts gravures dans lesquelles Goya livre une satire féroce de son époque, dénonçant l’ignorance, l’hypocrisie, les abus et les injustices sociales. La plus célèbre est sans doute la n°43, où il avertit que « le sommeil de la raison engendre des monstres ».
Mais j’ai choisi aujourd’hui les n°7 et n°14.
« Ainsi il ne la voit pas », dit la première : un homme lorgne avec son monocle dans le décolleté d’une jeune femme qui minaude. Elle est prostituée ; lui est vêtu « à la française ». C’est un petimetre, un de ces hommes élégants et prétentieux qui affectaient les modes et les manières françaises. Entre eux, on aperçoit un visage.
Le Caprice n°14 dénonce une autre forme de violence sociale.
Goya nous donne à voir un couple de bourgeois qui offre sa fille à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, difforme et disgracieux, mais riche. Les parents sont heureux, la jeune fille est malheureuse, la duègne sanglote.
Sous la fantaisie et l’humour, le regard de Goya sur son époque était impitoyable.
© Veilleur de Nuit – 2018
samedi 24 février 2018
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| Yann Slama - Abandon (2015) |
Les mots sont extraits de l'essai de Michel Béaud Le basculement du monde, paru aux Éditions La Découverte (1999).
« Riches ou aspirant à l’être, les sociétés sont comme prises dans les rouages et les spirales sans fin d’une machinerie économique à produire, distribuer et détruire des richesses.
Une machinerie planétaire, c’est-à-dire à la fois locale, nationale, multinationale et mondiale.
Une machinerie qui concerne presque la totalité de l’Humanité, et dans laquelle chacun ou presque est rouage : agent, bénéficiaire et/ou victime. Multitude de victimes ; petit nombre de très grands bénéficiaires ; mais des classes et des couches de plus en plus nombreuses, à la fois victimes et bénéficiaires, qui n’ont d’autre choix pour subsister que de participer au fonctionnement de l’ensemble. Titanesque machinerie, dont les laudateurs ne voient que les emplois et les richesses qu’elle crée, tandis que ses contempteurs ne voient que les chômages et les détresses qu’elle suscite. […..]
Dès lors que l’économie domine les sociétés, les inégalités de notre monde et les dynamiques de l’inégalité rendent inexorable l’engrenage sans fin des croissances.
Et dans un monde et des sociétés très inégalitaires, les dynamiques de l’économie reproduisent, souvent aggravent, pauvreté, chômage et exclusions. »
dimanche 18 février 2018
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| Gil Elvgren |
Disciple du brillant Haddon Sundblom (créateur définitif du Père Noël), et héritier de Charles Gibson (inventeur définitif, avec la Gibson Girl, de la beauté américaine), Elvgren propulse la pin-up comme nouvelle icône féminine – d’abord idéalisée, puis franchement érotisée – qui envahira calendriers et affiches publicitaires.
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| Gil Elvgren - Pin-up lobster |
Elvgren ne se contente pas de peindre de jolies femmes : il compose de véritables petites scènes pleines d’humour et de malice. Ses modèles – étudiantes, secrétaires, jeunes mariées ou baigneuses – se trouvent souvent dans une situation cocasse, au moment d’un léger accident du quotidien : jupe soulevée par le vent, chaise qui bascule, peinture qui déborde… Le tout baigné d’une atmosphère pétillante, où la sensualité reste légère, jamais appuyée.
À travers ce mélange de séduction, de fraîcheur et d’humour, Elvgren a façonné une imagerie devenue emblématique de l’Amérique des années 1940 à 1960. Ses pin-ups, plus que de simples images décoratives, racontent aussi un certain rêve américain, fait d’optimisme, de légèreté et de confiance dans l’avenir. Ce genre de la pin-up illustrée connaîtra son âge d’or dans les années 1950, avant de décliner rapidement dans les années 1970 et les décennies suivantes, avec l’essor de magazines comme Playboy ou Penthouse qui privilégieront la photographie et des représentations de la féminité beaucoup plus explicites.
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