In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 17 juin 2017

W. Martin - Cleaning Jesus (1939)
Une image et des mots. Une photo de Walter Martin, prise en 1939 sur le perron d'une église allemande des environs de Leipzig.
Et, pour l'accompagner, le début de la préface de la thèse de médecine que Louis-Ferdinand Céline a consacrée en 1924 au médecin hongrois Ignace Semmerweis.

La forme n'a pas d'importance, c'est le fond qui compte. Il est riche à souhait, je suppose. Il nous démontre le danger de vouloir trop de bien aux hommes. C'est une vieille leçon toujours jeune. Supposez qu'aujourd'hui, de même, il survienne un autre innocent qui se mette à guérir le cancer. Il ne sait pas quel genre de musique on lui ferait tout de suite danser ! [.....] Rien n'est gratuit en ce bas monde. 
Tout s'expie, le bien, comme le mal, se paie tôt ou tard. 
Le bien, c'est beaucoup plus cher, forcément.

JL2
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dimanche 11 juin 2017

L. Ring - Au petit-déjeuner (1898)

Le vide-grenier du dimanche. Deux toiles du peintre danois Laurits Andersen (1854-1933), plus connu sous le nom de sa ville natale, Ring. Figure majeure du tournant du XXᵉ siècle au Danemark, il est l’un des représentants du symbolisme et d’un réalisme social naissant. Son très beau Jour d’été dans le fjord de Roskilde a été inclus en 2006 dans le Danish Culture Canon, sélection de 108 œuvres considérées comme majeures dans la culture danoise.
Après deux années de leçons particulières, Laurits Andersen entre en 1875 à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark, où il suit notamment l’enseignement de Peder Severin Krøyer.

L.R. - Au mois de juin (1899)
Dans une époque marquée par les tensions politiques, il s’engage au sein du Rifle Movement, groupe d’étudiants prônant l’entraînement militaire dans la perspective d’une possible insurrection, et développe un intérêt croissant pour la justice sociale et le sort des classes populaires.
Dans ses œuvres, il introduit souvent des éléments symboliques chargés de sens. Ainsi, dans le tableau présenté ici, un bouquet de myrte – traditionnellement associé à Aphrodite et aux mariages – surplombe la figure de son épouse, comme une allusion discrète à l'amour conjugal.

EC2

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dimanche 4 juin 2017

P.A. - Le colleur d'affiches (1950)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français d'origine hongroise Paul Almásy (1906-2003), déjà présenté en juin 2016. On retient de lui les innombrables reportages qui racontent le monde des Trente Glorieuses, mais on sait moins qu’il a aussi réfléchi de manière approfondie à son métier.
Dans un texte publié en 1977 (La photographie, moyen Dans un texte publié en 1977 (La photographie, moyen d’information, revue Communication et langage), Almásy expose sa conception du photojournalisme.
Ce qui frappe à la lecture, c’est l’idée que toute image est construite : elle n’est jamais une simple prise sur le vif, mais le résultat d’un cadrage, d’une composition, de choix assumés.
P.A. - Le magasin de télés (1960)

Il va jusqu’à écrire que 
« la photo est écriture », un langage avec ses règles propres.
La retouche y est également envisagée comme un prolongement de ce travail, non pour falsifier, mais pour renforcer la lisibilité du message.
Autrement dit : un reportage n’est pas seulement une capture, c’est une manière d’écrire visuellement une page d’actualité.
Relus aujourd’hui, à l’ère des images numériques et de leurs manipulations, ces propos prennent une résonance particulière : Almásy avait déjà mis en lumière le fait que toute photographie est à la fois trace et interprétation. C’est sans doute ce qui donne encore force à ses images, à la fois documentaires et construites.
MD1

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samedi 3 juin 2017

Peder Mørk Mønsted - Atmosphère du soir (1896)
Une image et des mots. L'image, c'est "Sunset", du grand peintre paysagiste danois Peder Mørk Mønsted (1859-1941). Les mots sont de J.M.G. Le Clézio, extraits de L'extase matérielle (1967).

"J'ai vu le soleil se coucher sur le paysage, le disque sanglant est descendu légèrement sur l'horizon, agrandi, flottant comme une lampe au-dessus des nappes de nuages violacés. [.....]. Il n'y avait que ces nuages, à l'horizon, à l'endroit où se couchait le soleil, qui traînaient et se fondaient les uns dans les autres. Sur ce spectacle immense, où rien ne bougeait, absolument rien, pas une herbe, pas une vague, pas une bête, le disque rouge est descendu lentement, longuement est entré. Il a diminué peu à peu de taille, jusqu'à devenir petit point incandescent trônant sur des nappes d'ouate."

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