In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 5 février 2017

G. Xingjian - Femme flottante (2011)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et écrivain français d'origine chinoise Gao Xingjian (b.1940). Il découvre la littérature française à l'Institut des langues étrangères de Pékin, d'où il sort diplômé en 1962. Il traduit alors Ionesco, Michaux et Prévert en mandarin.
Lors de la révolution culturelle, son avant-gardisme lui vaut six ans en camp de rééducation, et il ne sera autorisé à se rendre à l'étranger qu'après la mort de Mao, survenue en 1976.
G.X. - Sans titre

La liberté de ton et le caractère subversif de son œuvre, étrangère au réalisme révolutionnaire prôné par le PC chinois et influencée par le travail d'Artaud, de Beckett ou de Brecht, finiront par le contraindre à l'exil. En 1988 il s'installe en France qui lui accorde l'asile politique ; deux ans plus tard il obtient le prix Nobel de littérature.
Homme de lettres, Gao Xingjian est aussi peintre. Il peint d'abord à l'huile, mais il va l'abandonner dès son arrivée en Europe pour ne plus se consacrer qu'à l'encre. 
« Ma première visite à des musées européens, en 1978, a bouleversé mon rapport à l'art. Jamais je n'avais admiré de chefs-d'œuvre à l'huile en original. Quelle luminosité, quelle intensité, quelle onctuosité ! Ma propre palette m'a paru terne, opaque. L'histoire dont j'étais porteur ne pouvait me permettre de créer, de progresser avec les armes occidentales : j'ai abandonné l'huile pour l'encre. Depuis, je m'attache à enrichir la pratique du monochrome noir»
Sa pratique s’inscrit dans une tradition millénaire de la peinture à l’encre, mais renouvelée par une sensibilité très contemporaine : fluidité du geste, silence de l’image, ouverture à l’interprétation. Comme dans son écriture, on y retrouve une quête d’indépendance et de dépouillement, une recherche d’un « refuge intérieur » face au tumulte du monde. Gao Xingjian parle de ses peintures comme d’« états de l’âme » : non pas des représentations fixes, mais des respirations visuelles, offertes à la contemplation et au cheminement intime de chacun.
HD1

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samedi 4 février 2017

François Vagnon - Pyramides de Gizeh (2008)
Une image et des mots. Les pyramides de Gizeh, vues par François Vagnon, en 2008.
Les mots choisis pour accompagner ce cliché ont été écrits au 1er siècle avant J.-C par l'historien grec Diodore d'Agyrion (aka Diodore de Sicile).

"Les ouvriers qui ont rendu les pyramides si incomparables sont beaucoup plus dignes de louanges que les rois responsables des dépenses. En effet, les premiers ont donné la preuve mémorable de leur génie et de leur savoir-faire, tandis que les rois ont simplement fourni les richesses reçues en héritage ou prises de force."
MW1

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dimanche 29 janvier 2017

Hugo Pratt - Corto Maltese
La veillée du dimanche. Clôture aujourd'hui à Angoulême du 44ème Festival international de la bande dessinée, avec cette publication sur le grand voyageur romantique d'Hugo Pratt (1927-1995), Corto Maltese.

Hugo Pratt - Aquarelle

Steiner : Pourquoi avez-vous fait ça?
Corto Maltese - Ah ! ... pour dire la vérité je n'en sais rien. Peut-être suis-je le dernier des imbéciles. Le dernier exemplaire d'une dynastie complétement éteinte qui croyait en la générosité ! ... En l'héroïsme.
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dimanche 22 janvier 2017

L. Essaydi - Outdoor gossip (2008)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste marocaine Lalla Essaydi (b.1956), à la frontière de la photographie et de la peinture. Formée à l'École des Beaux-Arts de Paris, puis aux États-Unis, où elle vit aujourd'hui une partie de l'année, elle interroge depuis plusieurs décennies les représentations occidentales de la femme arabe.
Dans sa série Femmes du Maroc (2005-2008), elle reprend délibérément les codes de la peinture orientaliste du XIXᵉ siècle, évoquant les compositions de Eugène Delacroix, Jean-Léon Gérôme ou Jean-Auguste-Dominique Ingres.
L.E. - Harem beauty (2008)

Les corps, les vêtements et les murs sont entièrement recouverts de calligraphie arabe.
Peu importe que certains mots soient devenus illisibles : le texte n'est pas là pour être lu, mais pour occuper un espace dont les femmes furent longtemps exclues. Lalla Essaydi n'écrit d'ailleurs pas à l'encre, mais au henné, geste éminemment féminin dans la tradition marocaine, qu'elle associe à un art longtemps considéré comme masculin.
« I wanted a feminine visual language and use it with calligraphy that is considered "male art", because "male art" is considered "high art". I needed something typically feminine that we relate to so strongly in this culture and then fuse it together with "male art". »

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...