In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 7 juin 2015

Alexander Grinberg
La veillée du dimanche. Deux clichés – avec une réserve pour le second – du photographe russe, puis soviétique, Alexander Grinberg (1895-1979), formé aux techniques photographiques dès sa jeunesse à Moscou et largement considéré comme une figure majeure du courant pictorialiste russe.
Sa longue vie lui a valu de connaître la Révolution russe, deux guerres mondiales et, en 1936, l'internement dans un camp de travail stalinien. Après avoir été longtemps respecté et admiré, il est alors victime du rejet par le régime de ce que l’on considère comme l’art de la « vieille école » russe, et plus particulièrement de l’érotisme de ses photographies, dénoncé comme une expression de l’oisiveté bourgeoise.

A. Grinberg (c.1920)
Je n'ai pas de certitude concernant sa paternité du second cliché, seulement une forte présomption : il semble bien s'inscrire dans l'esprit de ses deux séries de 1920, The Antique Theatre in a Russian Estate, et surtout The Art of Movement. Un regard à la fois lyrique et délicat sur le monde, qui nous rappelle qu'en dépit des époques et des régimes la beauté demeure.
 © Veilleur de Nuit – 2015
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samedi 6 juin 2015

Peinture rupestre, Gorge de Naib
Une image et des mots. Cette belle peinture rupestre, ce nuage qui figure le monde de la pluie, se trouve dans la gorge de Naib, dans le massif du Brandberg, en Namibie.
Elle est reproduite dans un très beau livre de Renaud Ego qui m'a été offert il y a trois jours (merci Éric P.) : L'animal voyant, aux éditions Errance.
Pour l'accompagner, deux strophes d'un poème de Garcia Lorca, Lluvia.

La lluvia tiene un vago secreto de ternura,
algo de soñolencia resignada y amable,
una música humilde se despierta con ella
que hace vibrar el alma dormida del paisaje.
[.....]
íOh lluvia silenciosa, sin tormentas ni vientos,
lluvia mansa y serena de esquila y luz suave,
lluvia buena y pacífica que eres la verdadera,
la que llorosa y triste sobre las cosas caes!

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dimanche 31 mai 2015

R.B. - Col. William F. Cody (1889)

La veillée du dimanche. Au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, deux oeuvres de la peintre et sculptrice française Rosa Bonheur (1822-1899), dont le père, saint-simonien convaincu, était ami de Goya. À 14 ans, elle fait la connaissance de Nathalie Micas, de deux ans sa cadette, qui deviendra sa compagne et le restera jusqu'à sa disparition cinquante-trois ans plus tard. 
En vertu d'une ordonnance de 1800, elles obtiendront par dérogation une permission de travestissement les autorisant à porter le pantalon.
C'est son père, son seul professeur, qui lui fait découvrir le philosophe et théologien Félicité de La Mennais (qui soutient que les animaux ont une âme), et les romans champêtres de George Sand ; les animaux deviennent alors son sujet de prédilection.

R.B. - Labourage nivernais (1849)
À côté du portrait de Buffalo Bill, un des héros de mon enfance, j'ai choisi son magnifique Labourage nivernais, issu d'une commande d'État et qui, d'abord destiné au musée des Beaux-Arts de Lyon, est entré en raison de son immense succès au musée du Louvre ; il est aujourd'hui à Orsay.
En 1865, elle se voit remettre les insignes de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur des mains de l'impératrice Eugénie, qui déclare : « Je suis tout heureuse d'être la marraine de la première femme artiste qui reçoive cette haute distinction. J'ai voulu que le dernier acte de ma régence fût consacré à montrer qu'à mes yeux le génie n'a pas de sexe.»
 © Veilleur de Nuit – 2015

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dimanche 24 mai 2015

Raymond Depardon - La Gallia (2007)
La veillée du dimanche. Deux clichés de Raymond Depardon (b.1942), l'une des grandes figures du photojournalisme et de la photographie documentaire, créateur de Gamma en 1966 et membre de Magnum depuis 1979.
Le photographe de guerre réalise qu'il connaît mieux le Vietnam, le Tchad, le Liban, l'Afghanistan que les territoires ruraux de son propre pays. 
Alors pendant quatre ans, inspiré dans son projet par deux figures majeures de la photographie documentaire – les Américains Paul Strand et Walker Evans –, il va sillonner la France en camping-car, à la recherche du génie du lieu.

R.D. - Le Portel, Pas-de-Calais (2007)
Rien de pittoresque au sens touristique du terme, rien de spectaculaire ni de délibérément séduisant... 
Ce qu'il photographie, c'est la France des sous-préfectures, les façades modestes des petits commerces, les trottoirs déserts, des moments simples mais révélateurs de la condition humaine.
« J'ai eu envie de revenir au silence de la photographie. »
Des lieux vides où la présence humaine, le plus souvent invisible, est perçue en creux...  
« Les gens ont peur du vide. Alors que ce n'est pas du tout ennuyeux de voir une photo vide.
Je trouve que c'est une façon très forte de voir l'être humain. »
Cette présence invisible et ces espaces du quotidien vécu, il les photographie avec minutie... 
Pas à la sauvette, pas au Leica, facile à dégainer, mais avec la contrainte d'une prise de vue unique à la chambre 20 x 25 sur trépied, en travaillant soigneusement les cadrages et les couleurs. La France de Raymond Depardon est le titre d'une publication du Seuil en 2010 dans la collection Beaux-livres. C'en est un.
 © Veilleur de Nuit – 2015

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