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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 18 janvier 2015
samedi 17 janvier 2015
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| K.H. - Pluie sous un ciel clair (1942) |
- Tout homme est disposé à faire des actions variées, et on ne peut exclure que le Mal, dans des conditions spéciales s'y développe. Mais par chance, vous et moi...
- Ah, moi je ne sais pas!
- De toute façon moi non plus je ne sais pas. Personne d'entre nous ne sait...
Gustaw Herling, Variations sur les ténèbres (1999).
À quelques jours de commémorer le 70ème anniversaire de la libération par l'Armée Rouge du camp d'Auschwitz, cette image tirée d'un album-souvenir ayant appartenu à l'officier SS Karl Hoecker (au centre) nous confronte à une réalité glaçante. Ces visages hilares sous l'averse sont ceux d'une partie du personnel du camp d'extermination qui s'amuse pendant une pause ; car cette photo n'a pas été prise avant l'holocauste, ni après..., mais pendant. Et elle porte la légende suivante : Regen aus heiterem Himmel (« Pluie sous un ciel clair »).
Ce qu'illustre ce cliché, c'est le concept, développé par la philosophe Hannah Arendt, de la banalité du mal. Ces gens ne ressemblent pas à des monstres ; ils ressemblent à des individus ordinaires, à des centaines de millions d'insouciants sympathiques qui constituent sous toutes les latitudes le ventre mou de l'humanité. Tous ceux parmi nous qui disent « oh moi la politique... » ou bien encore « je ne fais qu’obéir aux ordres... », et qui sur un air d'accordéon s'amusent sans états d'âme, pendant que fument les cheminées des fours. Cette pluie sous un ciel clair, dont ils s'amusent, est-ce une pluie de cendres ?
Ces gens aux visages rayonnants, qui goûtent un moment de détente dans une journée monstrueuse, sont-ils nés inhumains ? Sont-ils, par un improbable hasard, l'impossible réunion au même moment et au même endroit des pires psychopathes que la terre ait portés ? Bien sûr que non. Ces visages sont ceux de gens ordinaires qui ont basculé dans l’indicible par passivité, par obéissance, par lâcheté, par aveuglement. Et nous ? Si nous détournons nos regards, si nous nous réfugions dans l’indifférence ou l’excuse de la neutralité, ne pourrions-nous pas nous aussi, un jour, porter ces visages de bourreaux ordinaires ?
Des idées de lectures? Eichmann à Jérusalem ; rapport sur la banalité du mal (1963), d'Hannah Arendt, ou encore Un si fragile vernis d'humanité ; banalité du bien, banalité du mal (2005), de Michel Terestchenko.
dimanche 11 janvier 2015
dimanche 4 janvier 2015
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| A. L. - Bougival, lumière d'hiver (1893) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres d'Albert Lebourg (1849-1928), figure discrète mais marquante de l’impressionnisme français, peintre de l'hiver et des bords de Seine.
Né à Montfort-sur-Risle, en Normandie, il étudie à l'École des beaux-arts de Rouen et poursuit sa formation à Paris. Après un séjour prolongé à Alger, où il enseigne à l'École des beaux-arts et découvre les lumières intenses du paysage méditerranéen, il rentre à Paris, où il s’installe.
Membre du mouvement impressionniste, il participe à deux de leurs expositions collectives en 1879 et 1880. Mais sa peinture est plus retenue, avec un goût particulier pour les harmonies subtiles et les atmosphères feutrées : brumes d’hiver, ciels d’orage, miroitements de l’eau...
« Ce n’est pas l’objet que je peins, c’est l’air qui l’enveloppe ».
Et en effet, ses paysages de Seine, de la région parisienne et de sa Normandie natale montrent bien à quel point il était attentif à la lumière et aux variations du temps. Albert Lebourg nous donne du monde des visions apaisées qui donnent envie de s’arrêter, juste pour regarder passer le temps. « Je poursuis la lumière, mais sans l’éclat tapageur : je veux la lumière tranquille. »
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