In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 15 juin 2014

R. Capa - Barcelone (1936)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photoreporter hongrois Endre Ernö Friedmann (1913-1954), figure majeure du photojournalisme de guerre, dont le travail s’est confondu avec la construction même du mythe de Robert Capa. Formé à la photographie à Berlin, il quitte l’Allemagne face à la montée du nazisme et s’installe à Paris, où il rencontre Gerda Taro.
C’est avec elle qu’il adopte le pseudonyme de Robert Capa, sous lequel il connaîtra rapidement la reconnaissance internationale. Ce nom devient celui d’un regard : celui d’un photographe au plus près des conflits de son temps, refusant la distance.
« Si ta photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près. »
R.C. - Omaha Beach (1944)

Il est l’un des fondateurs de l’agence Magnum, et l’auteur de certaines images devenues emblématiques – parfois controversées – de la guerre d’Espagne, notamment celle du milicien anarchiste Federico Borrell García frappé par une balle franquiste.
Pour cette publication, j’ai choisi de lui préférer un portrait d’enfant pris durant la guerre civile espagnole, et une scène saisie au lendemain du Débarquement, où des pêcheurs français – l'un d'eux mains aux poches et clope au bec – se tiennent devant les corps de soldats américains échoués sur la plage. Deux images moins iconiques, peut-être, mais qui disent autrement la proximité de Capa avec la guerre, et la fragilité de ceux qui la traversent.

AJ1
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dimanche 8 juin 2014

Paul-Élie Ranson - La chambre bleue (1891)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et graveur français Paul-Élie Ranson (1861-1909), figure singulière du groupe des Nabis, où il occupe une place à la fois discrète et profondément originale.
Né à Limoges, il se forme d’abord à l’École des Beaux-Arts appliqués de sa ville, puis poursuit son apprentissage à Paris, à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, avant d’intégrer l’Académie Julian. En 1888, il participe à la fondation du groupe des Nabis aux côtés de Sérusier, Bonnard ou Vuillard.

P-E. Ranson
Quatre femmes à la fontaine (1895)
On le surnomme alors « le Nabi plus japonard que le Nabi japonard », en référence à son goût prononcé pour les arts décoratifs japonais, partagé avec Pierre Bonnard (c'est lui, « le Nabi japonard »). 
Il se distingue rapidement comme le plus curieux du groupe, passionné par la théosophie, la mythologie et l'occultisme... Sa peinture porte la marque de l'exhortation faite par Paul Gauguin à Paul Sérusier, lors d'une rencontre à Pont-Aven en 1888, à renoncer à vouloir imiter la réalité, à ne pas tenir compte des couleurs originales pour les exagérer ou leur substituer des couleurs plus pures et plus vives, à « abolir l'inutile complication des formes et des tons ».
(Gauguin et l'école de Pont-Aven, de W.Jaworska, 1971).

EP4

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samedi 7 juin 2014

Linn Heidi Stokkedal - The escape (2013)
Une image et des mots. Amour, amour quand tu nous tiens on peut bien dire adieu prudence, écrivait La Fontaine.
Pour aller avec ce cliché de la norvégienne Linn Heidi Stokkedal (b.1989), je choisis ces quelques mots de Jankélévitch (1903-1985), extraits de son Le je-ne-sais-quoi et le presque rien (1980).

"Tout à l’heure, il sera trop tard, car cette heure-là ne dure qu’un instant.
Le vent se lève, c’est maintenant ou jamais.
Ne perdez pas votre chance unique dans toute l’éternité, ne manquez pas votre unique matinée de printemps."

Comme l'a dit l'auteur américain de bandes dessinées Bil Keane (The Family Circus) : "Yesterday is the past, tomorrow is the future, but today is a gift. That's why it's called the present."
WL1
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dimanche 1 juin 2014

Paul Guigou - La lavandière (1860)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Paul Guigou (1834-1871). Issu d’une famille modeste, il se forme aux Beaux-Arts de Marseille, alors dirigés par Émile Loubon, peintre proche de l’école de Barbizon, qui encourage ses élèves à travailler sur le motif.  En 1855, Guigou monte à Paris. Il y découvre les maîtres de la tradition classique et s’imprègne des grands paysages de Corot. Influencé par Courbet, plus tard par Bazille, par Sisley et par Monet, il peint une Provence paisible et lumineuse mais aussi âpre et minérale, où l'on devine la chaleur accablante et chargée de poussière....

Paul Guigou
Lavandières sur les bords de la Durance
(1866)
À rebours des visions folklorisantes du Sud, Guigou privilégie une approche rigoureuse et naturaliste, attentive aux formes, à la topographie, à la densité de l’air. Ses scènes, dépouillées, presque silencieuses, captent la lumière et l’austère beauté des Alpilles, du Luberon, du bord de Durance où s'affairent les lavandières. Sa lavandière, il la peint à l'âge de 26 ans. Il nous la montre de dos, et légèrement en plongée ; on ne voit pas le ciel ni le soleil, mais on en voit la chaleur qui pèse sur son dos.

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