In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 17 janvier 2016

A. Bocchi - Bianca en rose (1930)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l’Italien Amedeo Bocchi (1883-1976). Troisième d’une fratrie de sept enfants, il est d’abord destiné à seconder son père, décorateur, et entre à douze ans à l’École des Beaux-Arts de Parme.
Après des résultats remarquables, son professeur conseille à sa famille de l’envoyer se perfectionner à Rome, où il passe trois ans à l’École libre du nu de la Via di Ripetta. 
« Le véritable effort, le véritable tourment de l'artiste responsable et conscient de sa mission n'est pas d'étonner avec des compositions compliquées [...] mais d'arriver à l'expression la plus profonde avec les moyens les plus simples et les plus clairs. »
A.B. - Dans le parc (1919)

Il travaille ensuite à Padoue, à la restauration des fresques de la basilique Saint-Antoine, tout en poursuivant son activité de portraitiste.
La famille constitue le sujet central de son œuvre : parents, épouse et surtout sa fille Bianca deviennent les protagonistes de ses tableaux.
Le portrait de sa femme Niccolina Toppi (Dans le parc, 1919), aux couleurs franches et contrastées, porte clairement l’influence des Fauves et des Nabis, deux courants déjà évoqués ici à propos de Vallotton (2008) et de Randon (2014). Onze ans plus tard, celui de sa fille Bianca, dans une gamme de roses et de tonalités pâles, est l’un des derniers portraits d’une émouvante galerie commencée dix-huit ans plus tôt avec Bianca bambina (1912), qui allait bientôt s’interrompre avec la disparition de la jeune femme.
 © Veilleur de Nuit – 2016

dimanche 8 juin 2014

Paul-Élie Ranson - La chambre bleue (1891)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Paul-Élie Ranson (1861-1909), figure singulière du groupe des Nabis, où il occupe une place à la fois discrète et très originale.
Né à Limoges, il se forme d’abord à l’École des Beaux-Arts appliqués de sa ville, puis poursuit son apprentissage à Paris, à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, avant d’intégrer l’Académie Julian. En 1888, il participe à la fondation du groupe des Nabis aux côtés de Sérusier, Bonnard ou Vuillard.

P-E. Ranson
Quatre femmes à la fontaine (1895)
On le surnomme alors « le Nabi plus japonard que le Nabi japonard », en référence à son goût prononcé pour les arts décoratifs japonais, partagé avec Pierre Bonnard, « le Nabi japonard ».
Il se distingue rapidement par sa curiosité, notamment pour la théosophie, la mythologie et l’occultisme.
Sa peinture porte aussi la marque des idées de Gauguin, qui, à Pont-Aven en 1888, encourage Paul Sérusier à ne plus chercher à imiter fidèlement la réalité, mais à simplifier les formes et à libérer la couleur.
Ranson s’inscrit pleinement dans cette nouvelle manière de regarder et de peindre, où la couleur et la forme peuvent s’affranchir du réel pour créer leur propre monde.

dimanche 9 novembre 2008

F. Vallotton - Lever de soleil (1910)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Félix Valloton (1865-1925). Issu d’une famille protestante de Lausanne, il s’installe à Paris en 1882, où il fréquente l’Académie Julian, atelier privé très lié aux milieux artistiques de l’époque et où se côtoient notamment plusieurs futurs Nabis. Influencé par Ingres, Manet et le japonisme, il développe très vite un style très personnel rigoureux, aux contours nets et aux compositions souvent volontairement dépouillées.
Il se fait d’abord connaître par ses gravures sur bois, qu’il commence à produire vers 1891, et qui rencontrent un grand succès, notamment dans La Revue blanche ou L’Assiette au beurre. Leur noir et blanc très contrasté, hérité en partie de l’estampe japonaise, renouvelle profondément la xylographie moderne..
F. V. - Soleil couchant (1913)

En 1892, il rejoint le groupe des Nabis, dont il partage certains principes (aplats de couleur, contours marqués, rejet du naturalisme académique), tout en gardant une position à part.
Il s’en éloigne ensuite pour développer un style plus personnel, influencé notamment par Ingres et Holbein, où la précision du dessin se conjugue à une atmosphère parfois étrange.
Pendant la Première Guerre mondiale, bien qu’il ne soit pas mobilisé, il se rend sur le front à plusieurs reprises comme correspondant ; il en rapporte une série de toiles à caractère patriotique, ainsi qu’un ensemble d’estampes regroupées sous le titre C’est la guerre (1915).
Chez la plupart des artistes que j’aime, choisir deux ou trois œuvres est assez simple.
Mais avec Vallotton – comme avec le Mondrian figuratif – le choix devient beaucoup plus difficile, même en se limitant à la peinture. Alors, pour cette fois, je me suis remis aux astres ; c’est peut-être ce à quoi nous conduit l’étude d’Aratus et de Madame Soleil.

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