In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 15 décembre 2013

Adolf Fassbender - Just drifting (1953)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe allemand Adolf Fassbender (1884-1980), émigré aux États-Unis en 1911 où il devient l'un des membres fondateurs de la Photographic Society of America.
Il ouvre son propre studio à New York en 1921 et, dès la fin des années 1920, choisit de se consacrer pleinement à la création artistique et à l’enseignement de la photographie.
A.F. - Onward (1937)

Figure du pictorialisme, il défend l’idée d’une photographie capable d’accéder au statut de “beaux-arts”, et publie en 1937 Pictorial Artistry: The Dramatization of the Beautiful in Photography.
Ses images, très composées, sont souvent construites à partir de plusieurs négatifs et retravaillées pour tendre vers une vision idéalisée du réel. Par le jeu du clair-obscur, du flou, du cadrage et de techniques de tirage spécifiques, il cherche à produire une image moins descriptive que sensible, où la subjectivité du regard du photographe devient centrale.
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dimanche 8 décembre 2013

V. de Saedeleer - Paysage de neige

Le vide-grenier du dimanche. Deux lithographies du belge Valerius de Saeldeleer (1867-1941), figure importante du renouveau paysagiste en Flandre au tournant du XXe siècle. Aux côtés de George Minne et des frères Van de Woestijne, il appartient à ce que l’on a appelé l'École de Laethem, un courant à la fois enraciné dans la tradition et traversé par une forme de sensibilité spirituelle liée au paysage rural.

V.S. - Ferme dans la neige (1907)
Proche des milieux symbolistes et influencé par les primitifs flamands, Saedeleer développe un style très personnel, fondé sur des compositions épurées et une attention presque spirituelle à la nature. Il revient inlassablement aux mêmes motifs de paysages austères, déclinés en variations pleines de silence et de recueillement : collines douces, arbres isolés, ciels pâles. Plus que de simples représentations de la campagne, ses œuvres offrent une vision contemplative du monde.
Après une première période marquée par l'impressionnisme, ses paysages portent aussi la trace des maîtres anciens flamands, notamment Brueghel l’Ancien et Les Chasseurs dans la neige, qu’il admirait particulièrement.

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samedi 7 décembre 2013

Brassaï - L'horloger de la rue Dauphine (1930)
Une image et des mots. À propos de ce qu'est le temps, Saint Augustin disait à peu près que si personne ne l'interrogeait il le savait, mais que si on le lui demandait, alors il l'ignorait...
Pour illustrer cette photo de Brassaï, L'horloger de la rue Dauphine (1930), voici un poème de Borgès, dont je proposerai ensuite une traduction :

Somos el río (Los Conjurados, 1985)

Somos el tiempo. Somos la famosa
parábola de Heráclito el Oscuro.
Somos el agua, no el diamante duro,
la que se pierde, no la que reposa.
Somos el río y somos aquel Griego
que se mira en el río. Su reflejo
cambia en el agua del cambiante espejo,
en el cristal que cambia como el fuego.
Somos el vano río prefijado,
rumbo a su mar. La sombra lo ha cercado.
Todo nos dijo adiós, todo se aleja.
La memoria no acuña su moneda.
Y sin embargo hay algo que se queda
y sin embargo hay algo que se queja
.

***

Nous sommes le fleuve (Les Conjurés, 1985)

Nous sommes le temps. Nous sommes la fameuse
parabole d'Héraclite l'Obscur.
Nous sommes l'eau, pas le diamant inaltérable,
celle qui se perd, pas celle qui dort.
Nous sommes le fleuve et nous sommes ce Grec
qui se mire dans le fleuve. Son reflet
change dans l'eau du miroir changeant,
dans le cristal qui change comme le feu.
Nous sommes le vain fleuve inévitable
orienté vers sa mer. L'ombre l'a enveloppé.
Tout nous dit adieu, tout s'éloigne.
La mémoire ne bat pas monnaie.
Et pourtant il y a quelque chose qui reste
et pourtant il y a quelque chose qui se plaint.
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Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...