In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 5 octobre 2013

Bruno Catalano - Les voyageurs
Une image et des mots. L'image, c'est celle de ces sculptures de Bruno Catalano, exposées le mois dernier à Marseille. Nées accidentellement d'un démoulage raté, elle deviennent par ce même fait de belles métaphores de l'incomplétude, et ce à double titre : celle de l'oeuvre d'art (quelle qu'elle soit ?), et celle de l'homme déraciné, en lambeaux.
Les mots pour accompagner l'image sont de Roberto Juarroz, extraits de sa Poésie verticale.

"Cada uno se va como puede, unos con el pecho entreabierto, otros con una sola mano, unos con la cédula de identidad en el bolsillo, otros en el alma [...] Pero todos se van con los pies atados, unos por el camino que hicieron, otros por el que no hicieron, y todos por el que nunca harán."
***
"Chacun s'en va comme il peut, les uns avec la poitrine entrouverte, d'autres avec une seule main, les uns avec la carte d'identité dans la poche, d'autres dans l'âme.. [...] Mais tous s'en vont les pieds attachés, les uns par le chemin qu'ils ont fait, d'autres par celui qu'ils n'ont pas fait, et tous par celui qu'ils ne feront jamais".
BS1

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dimanche 29 septembre 2013

Ch.Strömholm - La Méthode (1960)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du Suédois Christer Strömholm (1918–2002), pris au bar La Méthode, à Paris, au début des années 60.
Peintre de formation, il découvre la photographie à l’École des beaux-arts de Paris. Formé en Allemagne puis à Paris après la guerre, il construit très tôt une manière de regarder qui lui est propre : attentive aux marges, aux visages isolés, aux scènes nocturnes..

C.S. - Couple à La Méthode (c.1960)
On connaît surtout de lui le portrait d’une jeune Japonaise devenue aveugle à Hiroshima, tiré d’une série de vingt-deux photos prises entre 1961 et 1963.
Une oeuvre bouleversante restée pourtant dans l’ombre d’autres séries plus célèbres, comme Poste restante ou Les amies de la place Blanche, où il photographie les travestis de la nuit parisienne, dans une forme de proximité simple, sans mise en scène, au plus près de leurs vies.
Ses images, souvent en noir et blanc, prises la nuit ou dans des lumières faibles, reposent sur cette présence directe, à la fois proche et pudique, sans effet. « Il ne s’agit pas de prendre des photos. Il s’agit de vivre une vie. »

WO1
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dimanche 22 septembre 2013

E.Schiele - Soleil d'automne et arbres (1912)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et poète autrichien Egon Schiele (1890-1918), protégé de Gustav Klimt et figure majeure de la peinture figurative du début du 20ème. Son oeuvre intense, parfois d'une sexualité crue, le rattache à l'expressionniste.
Schiele aborde le paysage d’une manière très personnelle : lignes anguleuses, formes simplifiées, déformations assumées.
Peints pour la plupart entre 1911 et 1918, ses paysages montrent souvent des arbres dénudés, des branches sèches, des maisons serrées.
E.S. - Four trees (1917)

Ce sont alors des compositions dépouillées, sans présence humaine, où la construction formelle prend le dessus sur le motif. Le contraste entre les lignes rigides et les formes naturelles crée une tension particulière, visible dans le tableau ci-dessus. 
Je dois voir de nouvelles choses et les étudier. Je veux goûter aux eaux sombres, voir les arbres qui craquent et les vents sauvages.
J’ai longtemps hésité. J’aurais tout aussi bien pu choisir Jardin fleuri, ou le merveilleux Façade sur la rivière. Dilemme. J’y reviendrai.
JC1
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samedi 21 septembre 2013

(A/U)
Une image et des mots. Celui qui n'a pas été rassasié à la table du père ne sera jamais rassasié, dit un proverbe arabe. 
J'ignore qui est l'auteur de cette photo, mais le poème que j'ai choisi pour l'accompagner est de Rimbaud, extrait de Derniers vers (1872).

"Ma faim, Anne, Anne
Fuis sur ton âne.
Si j'ai du goût, ce n'est guère
Que pour la terre et les pierres.
Dinn! dinn! dinn! dinn! Mangeons l'air,
Le roc, les charbons, le fer.
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pré des sons!
Attirez le gai venin
des liserons;
Mangez
Les cailloux qu'un pauvre brise,
Les vieilles pierres d'église,
Les galets, fils des déluges,
Pains couchés aux vallées grises!
[.....]

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...