In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 3 mai 2009

Fan Ho - The Omen (1964)
Le vide-grenier du dimanche. figure majeure de la photographie de rue et du modernisme asiatique. Né à Shanghai, il s’installe à Hong Kong dans les années 1940, où il développe très jeune une œuvre profondément marquée par la lumière, l’ombre et la géométrie urbaine.
“Light is the soul of photography. It's what gives a photograph life and emotion.”
Autodidacte, influencé à la fois par le cinéma expressionniste et la photographie humaniste européenne, Fan Ho capte dans les ruelles, les marchés ou les arrière-cours de Hong Kong des scènes à la fois ordinaires et très construites.

F.H. - Kids and cat (1950s)
Ses images jouent sur les contrastes : silhouettes découpées dans des faisceaux lumineux, brumes suspendues, ombres nettes et dramatiques. The approaching Shadow (1954), l’un de ses clichés les plus célèbres, illustre parfaitement cette maîtrise de la composition et de la lumière.
S’il reste surtout associé au noir et blanc, Fan Ho expérimente également très tôt la photographie couleur, dès le milieu des années 1950. En 1961, il rejoint la société de production Shaw Brothers avant d’entreprendre une carrière dans le cinéma, comme acteur puis réalisateur. 
“People tell me it seems my photographic works have stories, have some drama. That’s why, later on, I became a film director. Both use images to tell their story, to express the emotions of the author. Photography and filmmaking are like sisters. One is still and one is moving—that is the only difference.”

JJ1
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samedi 2 mai 2009

B. E. Murillo - Enfants jouant aux dés (c.1650)
Une image et des mots. C'est au peintre espagnol Bartolomé Estebán Murillo que l'on doit cette huile sur toile, "Niños jugando a los dados" (c.1650), conservée à la Pinacothèque de Munich.
Les mots pour accompagner ce tableau sont du regretté André Dhôtel (1900-1991), extraits de La nouvelle chronique fabuleuse (1984) :

« … il n’y a aucun mystère dans le monde. L’affaire est beaucoup plus embarrassante que cela. Nous devrions savoir d’abord que tout est loin à jamais, sinon ce ne serait pas la vie.
Nous ne pouvons rien faire d’autre que regarder les lointains où sont parfois des êtres chers ; ainsi que nous-mêmes d’ailleurs, parfaitement perdus dès l’origine dans la voie lactée. Mais nous ne voulons pas l’avouer. Seule l’enfance reconnaît ces lointains, je veux dire la pure vérité des perspectives infinies et non pas nos fichus mystères
»
Car les dés sont jetés.
LS1

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dimanche 26 avril 2009

Alexander Alland - New York (1945)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain d'origine russe Alexander Alland (1902-1989). Né à Saratov, en Russie, il arrive sans le sou à Ellis Island en 1923 et s’installe à New York. D’abord illustrateur, il se tourne vers la photographie dans les années 1930, avec l’objectif de documenter la vie des quartiers populaires et des communautés marginalisées. 
Son travail se caractérise par une approche directe et profondément humaine, attentive aux minorités, aux immigrés et aux réalités urbaines. Alland s’immerge longuement dans les milieux qu’il photographie : les Roms du groupe "Red Bandanna" dans le Bowery, une congrégation juive noire, ou encore les ouvriers Mohawks installés à Brooklyn.
"I"m a social-minded photographer".

A.A. - Untitled (1940)
Sans rechercher les effets spectaculaires, il photographie les visages, les gestes et les conditions de vie avec une attention constante à la dignité des personnes qu’il rencontre. Son œuvre, aujourd’hui moins connue que celle de certains de ses contemporains, constitue pourtant un témoignage précieux sur l’Amérique urbaine et immigrée des années 1930 et 1940.
Historien passionné de la photographie, Alland a également contribué à la redécouverte de Mathew Brady, célèbre photographe de la guerre de Sécession.

EP3
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dimanche 19 avril 2009

M. Bascoulard (nd)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du dessinateur et poète berruyer Marcel Bascoulard (1913-1978), qui mena à Bourges une existence marginale et précaire, après une jeunesse profondément marquée par le drame.
Toute sa vie, Bascoulard le clochard dessine sa ville avec une minutie presque obsessionnelle : rues silencieuses, ruelles désertes, façades anciennes, cathédrale ou palais Jacques-Cœur, au pastel ou à l’encre de Chine. « Je peins pour oublier et me souvenir », disait-il.

M. Bascoulard (1954)
Figure singulière du Berry, excentrique et misérable, il vivait dans un dénuement extrême tout en poursuivant inlassablement son travail. « Je ne suis pas fou, mon esprit est juste différent. »
Sa vie s’achève tragiquement dans une casse automobile où il vivait alors, installé dans l’épave d’un camion : il y est assassiné en 1978 par un autre marginal.

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