![]() |
| Ph.J.G. - Pant-y-Wean, South Wales (1961) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe gallois Philip Jones Griffiths (1936–2008), l’un des grands noms du photojournalisme du XXᵉ siècle. Né à Rhuddlan dans une famille modeste – sa mère était infirmière, son père employé des chemins de fer –, il étudie d’abord la pharmacie à Liverpool avant de travailler à Londres, où il fait ses débuts comme photographe pour le Manchester Guardian. Pacifiste et objecteur de conscience, il s’oriente très tôt vers un photojournalisme engagé.
Photographe indépendant dès 1961 pour The Observer, il couvre l’Algérie puis part en Asie. En 1966, il rejoint Magnum Photos et s’installe au Vietnam, où il restera plusieurs années. De cette expérience naît Vietnam Inc. (1971), ouvrage majeur qui contribue à changer le regard porté en Occident sur la guerre, en la montrant notamment à travers la vie des civils vietnamiens.
Henri Cartier-Bresson, qu’il admirait depuis l’adolescence, dira de lui : « Personne, depuis Goya, n’a peint la guerre comme Philip Jones Griffiths. »
Mais ce n’est pas cet aspect de son œuvre que j’ai choisi de mettre en avant ici. Les deux images présentées nous ramènent au pays de Galles, parmi ces populations modestes qu’il connaissait de l’intérieur : les quartiers pauvres, l'enfance parmi les décombres.
Qu’il photographie la guerre ou ces scènes plus proches de lui, son regard reste le même : attentif aux existences ordinaires, à ce qu’elles ont de fragile et de digne.
Président de Magnum dans les années 1980, Philip J. Griffiths défend une conception exigeante du photojournalisme. Dans un entretien accordé au Monde en 2001, il expliquait :
« Je ne cherche pas à émouvoir avec des images “gore”. Je veux que le lecteur ne ferme jamais les yeux. »
© Veilleur de Nuit – 2023

