In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 22 septembre 2024

J. Vermeer - Le géographe (c.1669)

Le vide-grenier du dimanche. Deux chefs-d'oeuvre de Vermeer (mais est-ce que Vermeer n'a pas peint que des chefs-d'oeuvre ?), déjà présenté en juin et novembre 2008. Aujourd'hui célébré comme l'un des plus grands peintres de l'Âge d'or néerlandais aux côtés de Rembrandt, Vermeer demeura pourtant presque inconnu de son vivant, en dehors de sa ville natale de Delft. Sa notoriété restreinte s’explique sans doute par une production limitée – à peine une quarantaine de toiles en vingt ans – et par une vie restée longtemps mystérieuse, qui lui valut ce beau surnom de « Sphinx de Delft ».

J.V. - Le verre de vin (1661)
Tombé dans l’oubli après sa mort, il ne sera redécouvert qu’au XIXᵉ siècle grâce au regard passionné du critique français Théophile Thoré-Bürger, qui lui consacre en 1866 une série d’articles décisifs.
Maîtrise exceptionnelle de la lumière et des couleurs, finesse remarquable dans les détails - des textures des étoffes à la profondeur des espaces -, la peinture de Vermeer a sublimé la beauté simple et lumineuse de la vie.

dimanche 10 novembre 2019

G. Dou - Femme au clavicorde (c.1665)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du néerlandais Gerrit Dou (1613-1675), peintre de Leyde, fils et élève d'un graveur sur verre. En 1628, à l'âge de 15 ans il devient l'élève de Rembrandt qui lui-même n'en a que 22. Mais là où son maître Rembrandt cherchait la profondeur psychologique et les grands effets de lumière, Dou préfère les atmosphères feutrées, les gestes quotidiens, les figures absorbées dans leurs tâches : ménagères, artisans, musiciens. Ses compositions, souvent cadrées par une fenêtre ou une arcade, ont quelque chose d’intime et de théâtral à la fois.

G.D. - Chien assoupi (1650)
Après le départ en 1631 de Rembrandt pour Amsterdam, Gerrit Dou reste dans sa ville natale de Leyde, déclinant même l'invitation que lui fait Charles II de s'installer en Angleterre.
Il y développe son propre style, fidèle à la technique minutieuse apprise de son maître, et se consacre à la réalisation d'oeuvres de petit format dont il perfectionne les détails à la loupe ; son chien assoupi, par exemple, ne mesure que 16,3 cm sur 21,6 cm, ce qui rend les détails encore plus remarquables.
Il va y fonder en 1648 l'école de Leyde, celle des fijnschilders (les "peintres fins") évoqués en octobre dernier avec Willem van Mieris et qui a prospéré jusqu'au XIXème siècle. Gerrit Dou a eu une influence considérable sur la peinture néerlandaise du siècle d'or, et il a formé plusieurs peintres de premier plan, dont Frans van Mieris l'Ancien et Gabriel Metsu.

dimanche 26 avril 2015

J. Vermeer - Petite rue (1657)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Johannes Vermeer (1632-1675), "poète de la lumière et de l'intimité", selon Marcel Proust, maître aussi éblouissant que parcimonieux du Siècle d'or néerlandais, et sur qui n'écrire que quelques lignes est une gageure.

J.V. - Vue de Delft (1660)
Deux scènes d'extérieur, malgré la tentation de publier au moins l'une de ces merveilles que sont la laitière, l'astronome, le géographe, ou encore le verre de vin.... 
« La paix suave et délicate qu’expriment les intérieurs de Vermeer, écrit Mikel Dufrenne dans sa "Phénoménologie de l'expérience esthétique", elle n’est pas contenue entre ces murs où le tableau l’enferme, elle peut rayonner sur une infinité d’objets absents, elle compose le visage d’un monde qu’elle est en puissance.
Et c’est pourquoi nous pourrons la retrouver ailleurs, lorsque nous reviendrons au réel, dans la douceur d’un paysage, dans la sérénité d’un visage, n’importe où. »
Ce sera donc pour une prochaine fois...

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...