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| Aaron Siskind - Rome 55 (1963) |
Aaron Siskind commence par un travail documentaire dans les années 1930 au sein de la Photo League de New York, où il s’attache à représenter la vie des quartiers populaires.
À partir des années 1940, son regard évolue profondément. Il abandonne peu à peu le reportage social pour s’intéresser aux formes, aux textures et aux traces laissées par le temps dans l’espace urbain : murs décrépis, affiches déchirées, inscriptions, ombres, fragments de matière... Des éléments ordinaires qui, isolés par son objectif, donnent des compositions presque abstraites.
Ce glissement du réel vers l’abstraction rapproche sa photographie de la peinture de son temps. Siskind se lie avec plusieurs peintres de l’expressionnisme abstrait et expose à leurs côtés. Enseignant influent, notamment à l’Institute of Design de Chicago, il a également marqué plusieurs générations de photographes, parmi lesquels Ray Metzker, présenté le mois dernier.
« Photography is a way of feeling, of touching, of loving. What you have caught on film is captured forever.... It remembers little things, long after you have forgotten everything.»
Ce qui me plaît beaucoup dans le travail d'Aaron Siskind, c’est cette idée que des fragments d’une ancienne réalité acquièrent une existence nouvelle. Des lambeaux d’affiches, les meurtrissures d’un mur, des traces, des déchirures deviennent alors des images à part entière.
© Veilleur de Nuit – 2020

