In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 30 janvier 2022

Karl Holtz - Rue de Berlin (1920)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du dessinateur allemand Karl Holtz (1899-1978). Formé à Berlin par Emil Orlik et Ludwig Sütterlin à l’Institut du Musée des arts appliqués, Holtz s’impose dès les années 1920 comme l’un des dessinateurs satiriques les plus incisifs de son pays. Pendant la révolution de Novembre, qui ouvre la voie à la République de Weimar, il publie dans Die Aktion et The Red Flag des dessins qui dénoncent les injustices sociales et les dérives du pouvoir. Ses caricatures mordantes reflètent les tensions politiques de son temps. En 1933, l’arrivée des nazis met brutalement fin à cette activité : Holtz est frappé d’interdiction professionnelle et se tourne vers le graphisme publicitaire.
K.H. - Scène de rue à Berlin (1924)

Quatre ans plus tard, douze de ses lithographies sont confisquées lors de la campagne contre « l’art dégénéré » ; certaines seront détruites.
Après 1945, Holtz s’installe en Allemagne de l’Est, où il collabore au magazine satirique Ulenspiegel et poursuit son travail d’artiste. Mais une caricature de Staline publiée par le Nebelspalter suisse lui vaut d’être arrêté : en 1949, un tribunal militaire soviétique le condamne à 25 ans de prison. Il sera libéré par grâce en 1956, sans réhabilitation.
Moins connu que certains de ses contemporains, Karl Holtz demeure une figure singulière de la satire politique allemande du XXᵉ siècle. Après avoir été réduit au silence par le régime nazi, il est emprisonné quelques années plus tard par le régime soviétique. Il y a des régimes et des époques où l'expression de ses opinions peut coûter la liberté.
 © Veilleur de Nuit – 2022

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