In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 18 août 2024

E.B-J. - The Annonciation
(1879)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre anglais Edward Burne-Jones (1833-1898), surnommé le dernier des préraphaélites.
Figure majeure du mouvement, il incarne cette quête d’un art idéal, empreint de beauté, de mystère et de poésie. Né à Birmingham, il étudie à Oxford, où il rencontre William Morris et Dante Gabriel Rossetti, dont l’influence sera décisive. Ensemble, ils rêvent d’un art libéré de l’académisme victorien, tourné vers les maîtres du Moyen Âge et de la Renaissance, où la ligne, la couleur et le mythe se répondent.
E. B-J - The mirror of Venus (1875)

Burne-Jones cherche moins à représenter le réel qu’à en révéler la part invisible. Grand maître du vitrail et de la tapisserie, il contribue aussi à renouveler les arts décoratifs aux côtés de Morris, dans une vision de l’art total.
Son œuvre, entre idéal médiéval et symbolisme naissant, trace un pont entre le romantisme finissant et la modernité du XXe siècle — un monde où la beauté reste une forme de résistance.

dimanche 8 mai 2011

A. Stevens - Mappemonde
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du belge Alfred Stevens (1823-1906), figure majeure de la peinture de genre au XIXᵉ siècle. Élève d’Ingres, ami de Manet, il excelle aussi bien dans les scènes élégantes du Second Empire que dans la représentation de la pauvreté – voir par exemple C’est ce qu’on appelle le vagabondage, conservé au musée d’Orsay.
Stevens se spécialise surtout dans les figures féminines : femmes du monde surprises dans leur intimité, rêveuses ou mélancoliques, dans des intérieurs raffinés qui disent à la fois le luxe d’un monde et son enfermement.
Au faîte de sa célébrité, alors que rien ne l’y oblige, il demande pourtant au maire de Paris l’autorisation de s’engager dans la Garde nationale pendant le siège de 1870. « Je suis à Paris depuis vingt ans, j’ai épousé une Parisienne, mes enfants sont nés à Paris ; mon talent, si j’en ai, je le dois en grande partie à la France. »
A.S. - Symphonie en vert
(1892)

Ces deux femmes ont reçu une lettre. Le premier tableau, Mappemonde, porte d’ailleurs aussi le titre de Nouvelles de l’absent. Le pli a été ouvert à la hâte ; puis la lettre abandonnée, tandis que le regard se perd maintenant dans de lointaines géographies. La dame en vert, elle aussi, semble absente au monde, regardant sans le voir l’oiseau posé à sa fenêtre.
La rêverie, écrit Flaubert dans Madame Bovary, est une chambre d'écho où l'âme fait vibrer les sons lointains qu'elle y a entendus.
Il y a ainsi dans la peinture mondaine d'Alfred Stevens autre chose qu’une simple image d’apparat : comme une mélancolie diffuse qui préfigure parfois les atmosphères d’un Vilhelm Hammershøi (voir janvier 2010). Admiré de son vivant puis longtemps délaissé, Alfred Stevens apparaît aujourd’hui comme l’un des observateurs les plus subtils de la société du Second Empire – et peut-être surtout comme un remarquable peintre de l’attente, du silence et des pensées vagabondes.

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