In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 17 novembre 2024

C.P. - Valenciennes (1883)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Camille Pissaro (1830-1903), l’un des fondateurs de l’impressionnisme, souvent considéré par ses contemporains comme une figure tutélaire du mouvement. Né aux Antilles danoises (aujourd’hui les Îles Vierges américaines), il s’installe à Paris en 1855 et fréquente le Louvre avant de suivre l’enseignement de Camille Corot. Influencé par Millet, Courbet et Daubigny, il s’oriente progressivement vers une peinture de plein air attentive aux paysages, aux scènes rurales et aux effets de la lumière : dans La Seine à Rouen, le ciel et le fleuve semblent se confondre.
Seule une nuance horizontale, à peine plus sombre, les sépare ; un même gris bleuté de brume et de lumière baigne le tableau.

C.P. - La Seine à Rouen (1888)
Dans les académies libres parisiennes, notamment celle du père Suisse, il rencontre Monet, Guillaumin et d’autres artistes avec lesquels il contribuera à transformer la peinture de son époque. Il encouragera également Cézanne, dont il deviendra l’un des grands modèles et qui dira plus tard que Pissarro fut 
« le premier impressionniste » et celui qui a eu « la chance d’avoir été le maître de tous ».
Convaincu par les idées anarchistes et proche des milieux libertaires de la Nouvelle-Athènes, Pissarro dénonçait les injustices sociales, notamment la misère des plus pauvres, paysans et travailleurs, et l’indifférence des plus fortunés. Cet engagement trouve une expression directe dans Turpitudes sociales, un album de dessins réalisé en 1889 auquel je consacrerai sans doute un jour une chronique, mais il affleure aussi, plus discrètement, dans ses paysages ruraux.
 © Veilleur de Nuit – 2024

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