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| J.Pirotte - Mineur polonais (1947) |
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe Julia Pirotte (1907-2000), née Golda Perla Diament dans une famille modeste de la région de Lublin. Fille d’un mineur, militante très jeune au sein des jeunesses communistes, elle connaît l’arrestation et la prison avant de fuir la Pologne en 1934 grâce au Secours rouge et de rejoindre sa sœur réfugiée en France. Malade en chemin, elle s’arrête finalement en Belgique, où elle épouse Jean Pirotte et commence à travailler comme journaliste et photographe.
Pendant la guerre, elle rejoint la Résistance à Marseille, où elle travaille notamment comme photographe pour Dimanche Illustré. Avec son Leica, elle documente la vie quotidienne sous le régime de Vichy, les maquis et l’insurrection puis la Libération de la ville en août 1944. Ses images constituent aujourd’hui un témoignage important sur cette période.
Après la guerre, entre 1945 et 1949, plusieurs dizaines de milliers de Polonais installés en France repartent en Pologne pour participer à la reconstruction du pays : c’est la Reemigracja. Parmi eux, quelque 5 000 à 6 000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais rejoignent les bassins miniers de Silésie, pour en extraire le charbon indispensable au relèvement de la Pologne.
Julia Pirotte accompagne plusieurs de ces convois et photographie les familles sur le départ, les trains, leur arrivée en Pologne et les conditions de vie de ces travailleurs.
De retour en Pologne, elle poursuit son travail documentaire, photographiant les ruines et la reconstruction du pays, les travailleurs, les enfants juifs dans les orphelinats, mais aussi les événements politiques des premières années du régime socialiste. Elle est notamment l’une des rares photographes présentes à Kielce après le pogrom de 1946.
© Veilleur de Nuit – 2023
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