In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 juillet 2023

J.Pirotte - Mineur polonais (1947)

La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe Julia Pirotte (1907-2000), née Golda Perla Diament dans une famille modeste de la région de Lublin. Fille d’un mineur, militante très jeune au sein des jeunesses communistes, elle connaît l’arrestation et la prison avant de fuir la Pologne en 1934 grâce au Secours rouge et de rejoindre sa sœur réfugiée en France. Malade en chemin, elle s’arrête finalement en Belgique, où elle épouse Jean Pirotte et commence à travailler comme journaliste et photographe.
Pendant la guerre, elle rejoint la Résistance à Marseille, où elle travaille notamment comme photographe pour Dimanche Illustré. Avec son Leica, elle documente la vie quotidienne sous le régime de Vichy, les maquis et l’insurrection puis la Libération de la ville en août 1944. Ses images constituent aujourd’hui un témoignage important sur cette période.
J.P. - Varsovie (1947)

Après la guerre, entre 1945 et 1949, plusieurs dizaines de milliers de Polonais installés en France repartent en Pologne pour participer à la reconstruction du pays : c’est la Reemigracja. Parmi eux, quelque 5 000 à 6 000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais rejoignent les bassins miniers de Silésie, pour en extraire le charbon indispensable au relèvement de la Pologne.
Julia Pirotte accompagne plusieurs de ces convois et photographie les familles sur le départ, les trains, leur arrivée en Pologne et les conditions de vie de ces travailleurs.
De retour en Pologne, elle poursuit son travail documentaire, photographiant les ruines et la reconstruction du pays, les travailleurs, les enfants juifs dans les orphelinats, mais aussi les événements politiques des premières années du régime socialiste. Elle est notamment l’une des rares photographes présentes à Kielce après le pogrom de 1946.
 © Veilleur de Nuit – 2023

dimanche 21 juin 2009

Werner Bishof - Varsovie 1948
La veillée du dimanche. Deux clichés du photojournaliste suisse Werner Bishof (1916-1954), l’un des premiers membres historiques de l’agence Magnum, qu’il rejoint en 1949, et récipiendaire à titre posthume du prix Nadar. Formé à l’École des arts appliqués de Zurich, qu’il intègre en 1932, il y étudie sous la direction d’Hans Finsler, figure de la Nouvelle Objectivité, qui formera également son compatriote René Burri – auquel je consacrerai une prochaine publication.
Cette formation lui donne un sens très rigoureux de la composition, de la lumière et des contrastes, qui marquera toute son œuvre. Après ses études, il ouvre en 1939 un studio spécialisé dans la photographie de mode et de publicité.

W.B - Southern States (1954)
Mais la guerre et ses conséquences modifient progressivement son regard. Il parcourt d’abord l’Europe pour en documenter les ruines et les populations meurtries, puis part en Inde au début des années 1950 pour couvrir la famine, avant de rejoindre l’Indochine comme reporter de guerre.
« Je me sentais obligé de m'aventurer et d'explorer le vrai visage du monde. Mener une vie d'abondance avait rendu bon nombre d'entre nous aveugles aux immenses souffrances au-delà de nos frontières. »
En 1953, il se rend en Amérique du Sud afin de photographier les communautés isolées du continent. C’est au cours de ce voyage qu’il meurt dans un accident de voiture au Pérou, en 1954, à l’âge de trente-huit ans.
 © Veilleur de Nuit – 2009

E.H. - British Museum tube station (1937) La veillée du dimanche. Deux photographies du photographe allemand naturalisé britannique Emil Ot...