In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
Affichage des articles dont le libellé est varsovie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est varsovie. Afficher tous les articles

dimanche 9 juillet 2023

J.Pirotte - Mineur polonais (1947)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de la photographe Julia Pirotte (1908-2000), née Golda Perla Diament dans une famille modeste de la région de Lublin. Fille d’un mineur, militante très jeune au sein des jeunesses communistes, elle connaît l’arrestation et la prison avant de fuir la Pologne en 1934 grâce au Secours rouge et de rejoindre sa sœur réfugiée en France.
Pendant la guerre, elle rejoint la Résistance à Marseille, où elle réalise ses premiers reportages photographiques pour Dimanche Illustré. Armée d’un Leica, elle documente la vie sous l’Occupation, les maquis et la Libération de la ville en août 1944. Ses images, directes mais profondément humaines, comptent parmi les témoignages marquants du photojournalisme de cette période.
J.P. - Varsovie (1947)

Après la Seconde Guerre mondiale, entre 1945 et 1949, plusieurs dizaines de milliers de Polonais installés en France choisissent de rentrer au pays pour participer à sa reconstruction : c’est la Reemigracja. Parmi eux, environ 6 000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais repartent vers les mines de Silésie, dont le charbon est alors essentiel au relèvement de la Pologne. Julia Pirotte accompagne ce mouvement et photographie le retour des familles, les convois ferroviaires, les nouveaux logements ouvriers et la vie quotidienne de ces familles revenues en Pologne.
Ses images témoignent autant de l’espoir d’un nouveau départ que de la dureté des conditions de travail. On y retrouve son regard empathique, façonné par l’exil et par son expérience de résistante : une attention constante portée aux vies ordinaires prises dans les grands bouleversements de l’Histoire.
De retour en Pologne, Julia Pirotte poursuit son travail documentaire et photographie la reconstruction du pays ainsi que les premières années du régime socialiste. Son œuvre, à la croisée du témoignage et de l’engagement, illustre la conviction que la photographie peut être un outil de mémoire et de justice.

dimanche 21 juin 2009

Werner Bishof - Varsovie 1948
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photojournaliste suisse Werner Bishof (1916-1954), un des premiers membres historiques de l'agence Magnum qu'il rejoint en 1949, et récipiendaire à titre posthume du prix Nadar. Formé à l’École des arts appliqués de Zurich, qu'il intègre en 1932, il étudie - comme son compatriote René Burri qui fera lui aussi l'objet d'une publication -, sous la direction d’Hans Finsler, figure de la Nouvelle Objectivité.
Cette formation lui donne un sens très rigoureux de la composition, de la lumière et des contrastes, qui marquera toute son œuvre. Après ses études, il ouvre en 1939 un studio spécialisé dans la photographie de mode et de publicité.

W.B - Southern States (1954)
Mais la guerre et ses conséquences modifient progressivement son regard. Il parcourt d’abord l’Europe pour en documenter les ruines et les populations meurtries, puis part en Inde au début des années 1950 pour couvrir la famine, avant de rejoindre l’Indochine comme reporter de guerre.
Je me sentais obligé de m'aventurer et d'explorer le vrai visage du monde. Mener une vie d'abondance avait rendu bon nombre d'entre nous aveugles aux immenses souffrances au-delà de nos frontières.
En 1953, il se rend en Amérique du Sud afin de photographier les communautés isolées du continent. C’est au cours de ce voyage qu’il trouve la mort dans un accident de voiture au Pérou, en 1954, à l’âge de trente-huit ans.

SA1 ICI