In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 24 janvier 2021

Paul Klee - Conte de Fées (1929)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du musicien suisse Paul Klee (1879-1940). C’est une boutade. À moitié.
Klee a appris le violon dès l’enfance et a longtemps hésité entre une carrière musicale et la peinture. Même après avoir choisi cette dernière, il continuera à jouer toute sa vie, notamment en musique de chambre avec sa femme Lily, pianiste.
La musique n’est donc pas seulement une influence parmi d’autres dans son œuvre : elle en est une sorte de structure intérieure. Klee cherche à transposer dans la peinture le rythme, la mesure, les répétitions, les variations et la polyphonie. Certains de ses tableaux sont construits presque comme des partitions.

J’ignore pourquoi précisément, mais sa peinture me fait souvent penser à la musique de Philip Glass.

Est-ce que j’ai pour la première fois entendu Metamorphosis II en regardant un de ses tableaux ? C’est possible, je ne m’en souviens pas.

P.K. - Comédie (1921)

À Munich, Paul Klee se rapproche de Kandinsky et du groupe Der Blaue Reiter, puis il découvre à Paris, en 1912, les recherches de Robert Delaunay sur la couleur. Mais c’est surtout son voyage en Tunisie, en 1914, avec August Macke et Louis Moilliet, qui va bouleverser sa manière de peindre. La couleur cesse peu à peu chez lui de servir simplement à représenter ce qu’il voit. Elle devient une matière à organiser, à faire dialoguer, comme les voix d’une composition musicale.
À partir de 1921, Klee enseigne au Bauhaus, d’abord à Weimar puis à Dessau. Il y développe ses recherches sur la couleur et la construction du tableau, tout en continuant à puiser dans la musique et dans le théâtre. Car ses recherches sur la musique ne relèvent pas simplement d’une comparaison de vocabulaire : au Bauhaus, il réfléchit réellement à la manière de transposer en peinture la polyphonie, le rythme et la mesure. Ses figures de théâtre, ses masques et ses personnages témoignent aussi de son intérêt pour la scène.
Il y a chez Paul Klee une idée très forte : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. »
Cette phrase, tirée de sa Schöpferische Konfession de 1920, résume assez bien son projet.
Comme Glass, Paul Klee est pour moi un créateur d’atmosphères. Une narration sans récit. Chez l’un comme chez l’autre, il est question de répétitions, de déplacements et de petites variations, parfois imperceptibles… Mais là s’arrêtent pour moi les rapprochements que je peux raisonnablement faire entre ces deux artistes que j’aime vraiment beaucoup. Ne sutor ultra crepidam, comme disait Apelle…
 © Veilleur de Nuit – 2020

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