In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 14 juin 2026

Max Yavno - The Heiress (1949)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Max Yavno (1911-1985). Né à New York, Yavno commence sa carrière dans la photographie commerciale avant de développer un travail plus personnel. Membre de la Photo League dans les années 1940, il partage avec ce groupe une conception de la photographie attentive à la société et aux moments ordinaires de la vie. Installé en Californie après la Seconde Guerre mondiale, il photographie Los Angeles et ses habitants au moment où la ville connaît de profondes transformations. Mais son regard ne se limite pas aux rues et aux architectures : il s’intéresse aux signes qui racontent une époque, aux lieux où se rencontrent les individus, les images et les rêves collectifs.

M.Y. - High School Beach (1947)
Avec The Heiress, il saisit une nuit hollywoodienne presque théâtrale : la foule rassemblée devant un cinéma, l’immense affiche du film de Wyler, les faisceaux lumineux des projecteurs qui trouent le ciel nocturne. Dans High School Beach, il observe une autre facette de la Californie, celle de la jeunesse et des loisirs.
Deux images où Yavno montre, davantage que de simples situations, des moments où une société se met elle-même en scène.
AC1

ICI

dimanche 7 juin 2026

F. Porter - Interior with roses (1955)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Fairfield Porter (1907-1975), figure discrète mais essentielle de la peinture figurative du XXᵉ siècle. Né dans une famille d’artistes et d’écrivains, il étudie à Harvard puis à l’Art Students League de New York, avant de s’installer entre Southampton et l’île de Great Spruce Head, dans le Maine. Porter forge peu à peu une vision très personnelle – à la croisée du réalisme et de l’abstraction gestuelle chère à l'école de New York. Influencé par Bonnard et Vuillard autant que par ses amis Willem et Elaine de Kooning, il reste volontairement figuratif dans une époque dominée par l’expressionnisme abstrait. Ses tableaux montrent ce qu’il connaît le mieux : sa maison, sa famille, ses amis, les paysages du littoral.
F.P. - Clothesline (1958)

Porter peint sans effet des scènes où la lumière adoucit tout – une table, une fenêtre ouverte, un coin de jardin. Rien n’est spectaculaire ; tout est apaisé, et paraît vu avec gratitude. Ce que j’aime dans sa peinture, c’est ce mélange d’attention et de détachement : il regarde le quotidien sans le charger de symboles, mais il en révèle la paisible beauté.
« Fais que tout soit plus beau », disait Renoir à Bonnard ; Porter semble avoir pris ce conseil à la lettre.
CB3

ICI

samedi 6 juin 2026

Peter Turnley - New York (2013)
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazarus, extraits de son poème The New Colossus (1883).

"Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, the tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!"
PG9

ICI

samedi 30 mai 2026

Jürgen Nefzger - Serris, Marne-la-Vallée (2000)
Une image et des mots. Un cliché de Jürgen Nefzger extrait de sa série Aux  portes du royaume, réalisée entre 1997 et 2000 sur les zones pavillonnaires autour de Eurodisney. Le poème pour aller avec est d'André Dhôtel.

La rue aux cent maisons pareilles
s'ouvrait sur la campagne
que déjà les trottoirs annonçaient
pâquerettes et véroniques.

Partout la paix impénétrable
à cause des maisons simples
et des herbes abandonnées
qui réclamaient leur part de ciel.

Faut-il se demander
comment l'amour venait
du plus lointain du monde
nous apporter le rêve d'un temps
qui oubliait d'être le temps
pour rayonner dans l'espace
et rassembler les étincelles
de tout âge précipitées
en son infini diamant.

KA2 ICI