In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 février 2025

J. van Eyck - Les époux Arnolfini
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre flamand Jan van Eyck (c.1390-1441) : deux chefs-d’œuvre parmi ses commandes privées les plus célèbres : Les Époux Arnolfini et la Madone au chanoine van der Paele.
La date et le lieu de naissance exacts de Van Eyck demeurent incertains, mais il est généralement associé à Maaseik, dans la principauté de Liège. Peintre de cour auprès de Jean III de Bavière, puis à partir de 1425 au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, il est aussi diplomate et voyage pour son maître, notamment au Portugal. Installé à Bruges, il dirige un atelier important et réalise certaines des œuvres majeures de la peinture flamande, dont le retable de l'Agneau mystique, commencé par son frère Hubert.
Jan van Eyck
La Madone au chanoine van der Paele

Van Eyck révolutionne la peinture occidentale par sa maîtrise de la peinture à l’huile, mais surtout par l’attention nouvelle qu’il porte au monde visible. Les étoffes, les bijoux, les fourrures, les reflets, les visages ou les objets les plus ordinaires semblent posséder sous son pinceau une présence presque tangible.
Son travail virtuose sur les effets de transparence et les superpositions de couleurs confère à ses tableaux une profondeur et une luminosité extraordinaires.
Dans Les Époux Arnolfini, la précision des détails transforme une scène intime en une image mystérieuse, où chaque objet semble chargé d’une signification. Dans la Madone au chanoine van der Paele, le réalisme minutieux du commanditaire, des saints, des vêtements et des matières coexiste avec une dimension spirituelle hors du temps.
Ce qui fascine chez Van Eyck, c’est cette capacité à faire tenir ensemble deux exigences qui pourraient sembler opposées : la fidélité absolue au monde sensible et une vision profondément spirituelle de celui-ci. Chez lui, regarder les choses avec une attention infinie devient déjà une manière de les célébrer.
GB1

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dimanche 2 février 2025

Stanley Kubrick - New York (1940's)

La veillée du dimanche. Deux clichés de l'américain Stanley Kubrick (1928-1999), déjà présenté ici en juillet 2011.
Avant de devenir l'un des plus grands cinéastes du XXᵉ siècle, Kubrick est un photographe d'un talent exceptionnel. À dix-sept ans, plutôt que d'entrer à l'université, il est engagé par le prestigieux magazine new-yorkais Look, où il apprend son métier en photographiant la rue, les anonymes, les célébrités, les boxeurs ou les musiciens.

S.K. - Shoe shine boy (1947)
Des artistes, et donc de lui-même, Kubrick disait  :
« Je ne pense pas qu'ils aient quelque chose de particulier à dire. Je pense qu'ils ont quelque chose qu'ils ressentent. Et ils aiment la forme de l'art : ils aiment les mots, ou l'odeur de la peinture, ou les images celluloïdes ou photographiques et travailler avec des acteurs. Je ne pense pas qu'un artiste véritable ait jamais été orienté par autre chose que sa propre vie intérieure, et la récompense est dans l'excitation de créer quelque chose qui est vivant et résonnera en d'autres personnes. »
Ses photographies révèlent déjà l’attention portée aux détails, à la lumière et au rythme des scènes – qualités qu’il portera ensuite au cinéma. On y perçoit l’œil d’un observateur attentif, capable de saisir l’instant avec une rigueur et une sensibilité qui annoncent ses futurs films, où chaque plan devient une composition presque picturale.
JC4

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samedi 1 février 2025

Abel Grimmer - Proverbes flamands
Une image et des mots. Une oeuvre du peintre flamand Abel Grimmer (1570-1619), une huile sur panneau de bois représentant 49 proverbes flamands qui illustrent la vulgarité et la folie des hommes.
Les mots pour l'accompagner sont de la philosophe Laurence Devillairs, extraits de son ouvrage Être quelqu'un de bien, Philosophie du bien et du mal (2019).

Dans l'hostilité comme dans l'indifférence, ce que nous éludons et bafouons, c'est le face-à-face moral avec nous-mêmes, et avec ce que nous savons très clairement devoir faire. Nous nous accordons une dispense, nous nous achetons une bonne conscience ("On ne va pas changer les choses", "ce n'est pas à moi de le faire", "trop bon..."). Tel est l'athéisme moral, qui relègue l'injonction à bien agir dans les coulisses et les dimanches, loin des scènes majeures de l'existence. Telle est la méchanceté ordinaire qui habite un monde où la morale est secondaire, où le monde n'est pas un monde, habité et partagé, mais simple décor à ses activités.
SR4

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dimanche 26 janvier 2025

Carali
La veillée du dimanche. Ce sera dans trois jours l'ouverture de la 52ème édition du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, et comme chaque année à cette occasion, voici deux artistes majeurs de mon petit panthéon.

Gotlib
Carali, qui a fait les beaux jours de l'irremplaçable Charlie Hebdo, et Marcel Gotlib – grand admirateur de Tex Avery et de Robert Crumb –, qui a fait avec Gai-Luron et la Rubrique-à-brac ceux de Pilote avant de cofonder avec Mandryka l'excellent Écho des Savanes.

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