In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 26 janvier 2025

Carali
La veillée du dimanche. Ce sera dans trois jours l'ouverture de la 52ème édition du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, et comme chaque année à cette occasion, voici deux artistes majeurs de mon petit panthéon.

Gotlib
Carali, qui a fait les beaux jours de l'irremplaçable Charlie Hebdo, et Marcel Gotlib – grand admirateur de Tex Avery et de Robert Crumb –, qui a fait avec Gai-Luron et la Rubrique-à-brac ceux de Pilote avant de cofonder avec Mandryka l'excellent Écho des Savanes.
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dimanche 19 janvier 2025

Viktor Balaguer
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français Viktor Balaguer, qui réside et travaille à Saint Petersbourg. Je l'ai découvert sur les réseaux sociaux. Je l'ai découvert sur les réseaux sociaux. Ancien architecte, il a progressivement orienté son regard vers la photographie de rue et le documentaire. L'architecture, la lumière nordique et les atmosphères hivernales sont aujourd'hui au cœur de son univers.
Viktor Balaguer

Ce qui me plaît particulièrement dans son travail, c’est la dimension cinématographique – voire romanesque –, que je trouve à ses images ; impression que chacune de ses photographies appartient à un récit plus vaste. Une rue au petit matin, le contraste entre un bâtiment historique et un bloc soviétique, la silhouette d’un passant ou le reflet d’une fenêtre sous la neige deviennent autant de scènes où chaque détail semble chargé de vie et de récit. Peu de personnages, des ombres qui s'allongent, une lumière froide et précise : Balaguer laisse une grande place au hors-champ. Ses images ne racontent pas une histoire ; elles donnent simplement envie de la poursuivre.

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samedi 18 janvier 2025

R. Lalique - La femme ailée (1900)
Une image et des mots. J'ignore s'il y a un lien, mais cette merveille Art nouveau du maître joaillier René Lalique porte le même nom qu'une nouvelle de Izumi Kyôka ; celle-ci raconte l'histoire d'un enfant qui vit avec sa mère près d'un pont.
Elle lui enseigne que les réactions humaines n'ont pas plus de valeur que celles des animaux...

"Ah, madame! Comme j'aimerais devenir un animal ! Il faut croire qu'ils sont tous des bêtes et que ce singe est l'un des leurs! Ils lui ont donné à manger, tandis qu'à moi, humain, ils n'ont pas prêté la moindre attention !" avait-il dit en jetant un regard courroucé autour de lui. Nul doute que ce vieil homme, lui, comprenait...
Non ! Il ne s'agissait pas pour lui de comprendre, il savait, sans avoir à le dire, que les hommes sont des animaux, m'expliquait ma mère.
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dimanche 12 janvier 2025

S. Steinberg - Dancers
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'illustrateur et dessinateur de presse Saul Steinberg (1914-1999), figure inclassable de l'art du XXᵉ siècle. Pendant plus d'un demi-siècle, il collabore au New Yorker, où il renouvelle profondément le dessin de presse en brouillant les frontières entre illustration, humour, philosophie et art.
« Je ne suis pas entièrement dans le monde de l’art, ni dans le monde de la bande dessinée, ni dans celui des magazines, parce que le monde de l’art ne sait pas où me placer. »
Né en Roumanie dans une famille juive, Steinberg a étudié la philosophie à Bucarest puis l’architecture en Italie, mais les lois antisémites de Mussolini le contraignent à l'exil ; il rejoint alors les États-Unis sans papiers, une expérience qui a profondément influencé son œuvre marquée par une réflexion constante sur l'identité, les frontières et le sentiment d'appartenance.

Saul Steinberg - Self portrait
Ses dessins emblématiques, comme la célèbre couverture View of the World from 9th Avenue (1976) – illustration satirique de la perception new-yorkaise du reste du monde –, sont immédiatement reconnaissables : quelques lignes, quelques signes deviennent une réflexion sur notre manière de percevoir le monde. Avec ce style à la fois minimaliste et riche de sens, l'œuvre de Steinberg, "dessinateur de l'invisible", constitue un espace de réflexion plein d'humour et de profondeur sur la condition humaine, les absurdités sociales et la complexité des identités culturelles.

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