| FM3 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 18 janvier 2025
dimanche 12 janvier 2025
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| S. Steinberg - Dancers |
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'illustrateur et dessinateur de presse Saul Steinberg (1914-1999), figure inclassable de l'art du XXᵉ siècle. Pendant plus d'un demi-siècle, il collabore au New Yorker, où il renouvelle profondément le dessin de presse en brouillant les frontières entre illustration, humour, philosophie et art.
« Je ne suis pas entièrement dans le monde de l’art, ni dans le monde de la bande dessinée, ni dans celui des magazines, parce que le monde de l’art ne sait pas où me placer. »
Né en Roumanie dans une famille juive, Steinberg a étudié la philosophie à Bucarest puis l’architecture en Italie, mais les lois antisémites de Mussolini le contraignent à l'exil ; il rejoint alors les États-Unis sans papiers, une expérience qui a profondément influencé son œuvre marquée par une réflexion constante sur l'identité, les frontières et le sentiment d'appartenance.
Ses dessins emblématiques, comme la célèbre couverture View of the World from 9th Avenue (1976) – illustration satirique de la perception new-yorkaise du reste du monde –, sont immédiatement reconnaissables : quelques lignes, quelques signes deviennent une réflexion sur notre manière de percevoir le monde. Avec ce style à la fois minimaliste et riche de sens, l'œuvre de Steinberg, "dessinateur de l'invisible", constitue un espace de réflexion plein d'humour et de profondeur sur la condition humaine, les absurdités sociales et la complexité des identités culturelles.
dimanche 5 janvier 2025
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| Fred Lyon - San Francisco |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Fred Lyon (1924-2022), l’un des grands chroniqueurs visuels de San Francisco. Après un apprentissage précoce dans un studio photographique dès l’âge de quatorze ans, il étudie au prestigieux Art Center School de Los Angeles, où il rencontre notamment Ansel Adams (voir avril 2010, déc.2018, et mai 2019). D'un voyage à Yosemite avec le grand photographe paysagiste, et accompagné d'un groupe d'étudiants, il retient deux enseignements : une maxime du maître –
« Il n’y a rien de pire qu’une image très nette d’un concept très flou » – et surtout une leçon : celle de ne pas chercher à devenir ce qu’un autre est déjà.
« Je ne pourrais jamais être plus qu’un Ansel Adams miniature si j’essayais d’être comme lui », dira-t-il plus tard. Il comprend alors que son propre territoire ne sera pas celui des grands paysages, mais celui de la ville et de ceux qui l’habitent.
À partir des années 1940, Fred Lyon explore le photojournalisme, la mode, l’architecture et la publicité, tout en revenant sans cesse à San Francisco. Ses photographies en noir et blanc saisissent une ville faite de brume, de collines, de rues silencieuses, de ponts et de silhouettes anonymes. Il y a dans ses images une atmosphère presque cinématographique, une élégance discrète qui tient autant aux lieux qu’à la manière dont les habitants les occupent. Celles-ci seront magnifiquement rassemblées dans son ouvrage San Francisco Noir (2020).
samedi 4 janvier 2025
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| Antoine Roegiers - De l'autre côté (2024) |
Une image et des mots. Une oeuvre d'Antoine Roegiers (b.1980) dont je viens de découvrir le travail à l'occasion de l'exposition que lui a consacrée du 30 octobre au 21 décembre la galerie Templon, à Paris.
Ce tableau m'a rappelé un passage de Traces (1959), de Ernst Bloch :
Un jour, dit-on, des paysans furent surpris aux champs par l'orage. Ils se mirent à l'abri dans une grange, mais la foudre, loin de s'éloigner, tournait en cercle autour de la cabane. Alors les paysans comprirent que la foudre visait l'un d'entre eux, et ils convinrent d'accrocher leurs chapeaux devant la porte. Celui dont le chapeau serait le premier arraché par l'orage devait être jeté dehors afin que les innocents ne périssent point pour le péché d'un seul.
À peine les chapeaux furent-ils accrochés au-dehors qu'un coup de vent emporta le chapeau du paysan Li l'entraînant au loin à travers champs.
Aussitôt les paysans jetèrent dehors le paysan Li ; et à l'instant même la foudre frappa la cabane, car Li était le seul juste.
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