In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 juin 2024

Billy Dihn - Untitled

Le vide grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Billy Dinh (b.1990), originaire de Philadelphie, que j’ai découvert récemment sur les réseaux sociaux. Enfant, il se passionne pour le dessin et la peinture avant de se tourner, presque par hasard, vers la photographie – d’abord comme moyen de conserver des souvenirs, puis comme véritable mode d’expression.
Inspiré notamment par Saul Leiter (voir déc.2013, déc.2014, fév.2019), Harry Gruyaert (août 2009, août 2015, janv.2023), Fan Ho (mai 2009, août 2016), et les peintures réalistes d’Edward Hopper (juin 2011, sept.2018), Dinh développe un style où se rencontrent observation attentive, sens narratif et lumière cinématographique.
Billy Dihn - Untitled

Ses images prises pour la plupart dans les grandes villes – Inde, Vietnam, Éthiopie ou New York, où il vit désormais – et se distinguent par une maîtrise remarquable des couleurs, des ombres et des reflets. Il lui arrive, dit-il, d’attendre longuement qu’une scène se compose d’elle-même, jusqu’à ce que surgisse l’instant juste. C'est ce que j’aime dans ses photographies : cet équilibre entre spontanéité et construction, entre hasard – ce "purgatoire de la causalité", disait Baudrillard – et précision.

AS1

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dimanche 2 juin 2024

Dale Bissnan - Sea view Crinan
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre écossais Dale Bissnan (b.1985). Je ne sais pas grand-chose de cet artiste dont la biographie, sur son site, reste assez succinte. On y apprend seulement qu’il s’est formé en autodidacte, en étudiant les maîtres, leurs styles et leurs techniques, en particulier ceux du XIXᵉ siècle.

D.B. - Road to Caolas (2023)
« Le Louvre est le livre où nous apprenons à lire », disait Cézanne, ce qu’allait reprendre Matisse en affirmant que le style vient avec la culture.
Dale Bissnan illustre bien cette transmission : il peint ce qu’il connaît, ce qu’il observe au quotidien, avec une attention au détail qui témoigne d’un regard nourri par l’étude des grands peintres du passé. Il choisit des sujets familiers – Glasgow, la campagne ou les côtes écossaises – et les peint avec précision et sensibilité. Ses scènes sont banales en apparence ; pourtant, il s’y révèle un univers discret et vivant, où la lumière, les lieux et les petits détails du quotidien invitent le regard à s’attarder.
MG1

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samedi 1 juin 2024

Meeting of the Mickey Mouse Club (1930s)
Une image et des mots.
Pour accompagner ce cliché, pris aux États-Unis dans les années 30, quelques lignes de Sophie Scholl, résistante allemande au nazisme. Fondatrice avec son frère Hans du groupe de résistants La Rose blanche, elle est exécutée le 22 février 1943 à l'âge de 21 ans, le même jour que son frère.
Les éditions Tallandier ont publié en 2008 leur correspondance.

Le vrai dommage est causé par ces millions qui veulent simplement "survivre". Les gens honnêtes qui ne demandent qu'à être laissés en paix. Ceux qui ne veulent pas que leur petite vie soit perturbée par quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes. Ceux qui n'ont ni camps ni causes. Ceux qui ne prendront pas la mesure de leur propre force, de peur d'être confrontés à leur propre faiblesse. Ceux qui n'aiment pas faire de vagues, ni d'ennemis. Ceux pour qui la liberté, l'honneur, la vérité et les principes ne sont que de la littérature. Ceux qui vivent petit, s'accouplent petit, meurent petit. [...] Si vous ne faites aucun bruit, le croquemitaine ne vous trouvera pas. Mais c'est une illusion, car ils meurent aussi, ces gens qui roulent leur esprit en petites boules pour être en sécurité. En sécurité ?! De quoi ? La vie est toujours au bord de la mort ; les rues étroites mènent au même endroit que les grandes avenues, et une petite bougie se consume comme un flambeau. Je choisis ma propre manière de brûler.
TI3

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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...