In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 2 juin 2024

Dale Bissnan - Sea view Crinan
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre écossais Dale Bissnan (b.1985). Je ne sais pas grand-chose de cet artiste dont la biographie, sur son site, reste assez succinte. On y apprend seulement qu’il s’est formé en autodidacte, en étudiant les maîtres, leurs styles et leurs techniques, en particulier ceux du XIXᵉ siècle.

D.B. - Road to Caolas (2023)
« Le Louvre est le livre où nous apprenons à lire », disait Cézanne, ce qu’allait reprendre Matisse en affirmant que le style vient avec la culture.
Dale Bissnan illustre bien cette transmission : il peint ce qu’il connaît, ce qu’il observe au quotidien, avec une attention au détail qui témoigne d’un regard nourri par l’étude des grands peintres du passé. Il choisit des sujets familiers – Glasgow, la campagne ou les côtes écossaises – et les peint avec précision et sensibilité. Ses scènes sont banales en apparence ; pourtant, il s’y révèle un univers discret et vivant, où la lumière, les lieux et les petits détails du quotidien invitent le regard à s’attarder.
MG1

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samedi 1 juin 2024

Meeting of the Mickey Mouse Club (1930s)
Une image et des mots.
Pour accompagner ce cliché, pris aux États-Unis dans les années 30, quelques lignes de Sophie Scholl, résistante allemande au nazisme. Fondatrice avec son frère Hans du groupe de résistants La Rose blanche, elle est exécutée le 22 février 1943 à l'âge de 21 ans, le même jour que son frère.
Les éditions Tallandier ont publié en 2008 leur correspondance.

Le vrai dommage est causé par ces millions qui veulent simplement "survivre". Les gens honnêtes qui ne demandent qu'à être laissés en paix. Ceux qui ne veulent pas que leur petite vie soit perturbée par quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes. Ceux qui n'ont ni camps ni causes. Ceux qui ne prendront pas la mesure de leur propre force, de peur d'être confrontés à leur propre faiblesse. Ceux qui n'aiment pas faire de vagues, ni d'ennemis. Ceux pour qui la liberté, l'honneur, la vérité et les principes ne sont que de la littérature. Ceux qui vivent petit, s'accouplent petit, meurent petit. [...] Si vous ne faites aucun bruit, le croquemitaine ne vous trouvera pas. Mais c'est une illusion, car ils meurent aussi, ces gens qui roulent leur esprit en petites boules pour être en sécurité. En sécurité ?! De quoi ? La vie est toujours au bord de la mort ; les rues étroites mènent au même endroit que les grandes avenues, et une petite bougie se consume comme un flambeau. Je choisis ma propre manière de brûler.
TI3

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dimanche 26 mai 2024

Ben Shahn - Circleville, Ohio (1938)

La veillée du dimanche. Deux clichés de l’artiste américain d’origine lituanienne Ben Shahn (1898-1969), peintre (voir nov. 2022) et photographe. Émigré aux États-Unis en 1902 avec sa mère et ses deux frères, après l’exil de son père envoyé en Sibérie, Shahn grandit à Brooklyn, où il s’initie à la lithographie.

Ben Shahn
Artiste engagé, il s’intéresse très tôt aux injustices sociales et aux destins individuels oubliés par l’histoire.
Au début des années 1930, il s’éloigne de l’art moderne européen pour développer une forme de « vision sociale » : une œuvre attentive aux grands débats de son temps, nourrie par son engagement politique et par l’influence croissante des images de presse. Les photographies publiées dans les journaux et magazines, qu’il découvre notamment à travers la rotogravure, jouent un rôle essentiel dans son travail de peintre et de graphiste. Elles inspirent des œuvres comme The Passion of Sacco and Vanzetti ou The Mooney Case, qui empruntent parfois au langage du reportage.
Bien que surtout connu comme peintre, muraliste et illustrateur, Shahn pratique également la photographie documentaire. Ces deux images témoignent de son regard sur l’Amérique rurale de la Grande Dépression : à la fois attentif, humain et respectueux des visages qu’il rencontre.

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samedi 25 mai 2024

Giovanni Strazza - La Vierge voilée (1860)
Une image et des mots. Cette sculpture fascinante de Giovanni Strazza représente une figure féminine au visage délicatement voilé, donnant l'illusion que le voile est translucide. Ce voile, qui révèle subtilement les traits sous-jacents, est souvent symbole de pureté et de chasteté ; ici, sur le visage de la Vierge Marie, il est aussi sans doute une allégorie de la sainteté et du mystère divin, un symbole de l'inaccessibilité de la divinité à la compréhension humaine.

De toutes les vertus, si c'en est une, la pureté est peut-être la plus difficile à appréhender, à saisir. Il faut bien que nous en ayons pourtant l'expérience : que saurions-nous autrement de l'impur ?
Mais c'est une expérience d'abord étrangère, et douteuse. 
La pureté des jeunes filles, ou de certaines d'entre elles, m'a toujours fortement touché. [...]
Moi qui n'ai rien tant aimé que la pureté, rien tant désiré que l'impur, se pourrait-il que j'ignore ce qu'elles ou ce qu'ils sont ? Pourquoi non ? Il en va peut-être de la pureté comme du temps selon saint Augustin : si personne ne me demande ce qu'elle est, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus. La pureté est une évidence et un mystère.
André Comte-Sponville, Petit Traité des grandes vertus (1995).

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...